Lutte contre l’insécurité, offense militaire se poursuit

02/12/2019
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L’Etat-major général des forces armées nationales a annoncé en fin de semaine dernière avoir abattu dans le Nahouri un chef terroriste et cinq de ses compagnons. C’est l’un des hauts faits, connus des Forces de défense et de sécurité burkinabè depuis qu’elles ont décidé de mener l’offensive contre les terroristes. Aussi, est-on tenté de leur tirer son chapeau, ou du moins le béret. A vrai dire, on a l’impression que c’est maintenant que les Forces de défense et de sécurité burkinabè ont décidé de faire la peau aux terroristes. Autrement dit, la machine est en train de prendre après avoir longtemps peiné. Mais, cela ne veut nullement dire qu’il faut baisser la garde. On n’a même pas besoin de le dire car, autant les FDS autant les Burkinabè dans leur grand ensemble savent que la lutte contre les terroristes sera très longue et en aucun moment, il ne faut dormir sur les lauriers.

Mais, comme on ne cesse de le dire, la lutte contre le terrorisme ne sera pas gagnée uniquement sur le plan militaire. Elle implique plusieurs aspects qui, s’ils ne sont pas sérieusement pris en compte, la rendront beaucoup plus difficile. Le phénomène est nouveau dans la zone sahélienne, même si pendant longtemps cette zone était connue pour le grand banditisme et le trafic de produits divers dont la drogue. Si aujourd’hui, les contrebandiers sont devenus des terroristes, c’est qu’il y a quelque chose. Cette zone du Sahel a longtemps été considérée de pénibilité, abandonnée parfois par les gouvernementaux locaux. Elle n’a donc pas bénéficié de programmes de développement comme les autres zones. Si bien qu’à un moment donné,les populations se sont senties abandonnées. Les jeunes désœuvrés, sans emploi et avenir certain, sont vite devenus des proies faciles pour les chefs terroristes. Par ailleurs, sur le plan politique, des velléités d’indépendance ou d’autonomie ont toujours existé dans cette partie à cheval entre le Burkina Faso, le Niger et le Mali. C’est dire que c’est une situation à plusieurs inconnues qu’il faut nécessaire traiter, entière. Aussi, en plus du volet militaire que traite les Forces de défense et de sécurité, les politiciens doivent jouer leur rôle en résolvant les questions politiques. Les chefs coutumiers et religieux doivent jouer leur parti de contribution en travaillant aux changements de mentalité. De même, les acteurs du développement doivent appuyer les efforts des gouvernements à asseoir un véritablement développement durable et inclusif au Sahel. Tant que toutes ces considérations ne seront pas prises en compte, la question du Sahel et du terrorisme sera toujours posée. Et ce ne sont pas les autres qui viendront la résoudre à notre place.

En attendant, les Burkinabè, tout comme les Maliens et les Nigériens, doivent se souder derrière leurs forces de défense et de sécurité, tout en jouant chacun le rôle qui est le sien si nous voulons véritablement être en paix et en sécurité. Si nous voulons aspirer au développement véritable chez nous, c’est maintenant que ça commence.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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