Pau sera un nouveau départ contre le terrorisme au Sahel

06/12/2019
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Iront-ils, n’iront-ils pas? Le président français, Emmanuel Macron veut parler «franchement» avec les chefs d’Etat du G5 Sahel. Il veut leur demander, le 16 décembre prochain à Pau, de «clarifier leurs positions» par rapport à la présence de l’armée française au Sahel dans la lutte contre le terrorisme. Parce que, en substance, Emmanuel Macron ne comprend pas le sentiment anti-français qui se développe dans cette partie de l’Afrique alors que les chefs d’Etat ne cessent de demander l’appui de la France. Que ce soit individuellement ou collectivement dans le cadre du G5 Sahel qui peine à se mettre en ordre de bataille par manque de moyens financiers et matériels. La France, depuis 2013 qu’elle est présente au Sahel, a perdu 44 soldats. Malgré tout, on l’accuse de pactiser avec les terroristes. Certainement, c’est ce que Macron ne comprend pas. Et avec lui, une certaine opinion française.

En effet, ce sentiment anti-français est depuis un certain temps animé par des hommes politiques, mais également par des activistes et, malheureusement ou heureusement (c’est selon), il est en train de gagner l’opinion publique. Que ce soit au Mali ou au Burkina Faso, on estime que la France ne peut être présente sur le terrain des opérations pendant que les attaques terroristes sont de plus en plus fréquentes. Si bien que certains n’hésitent plus à franchir le pas, accusant directement le pays d’Emmanuel Macron d’être de mèche avec les terroristes. Même au sommet de l’Etat, comme au Burkina, le ministre de la Défense avait directement accusé la France de ne pas jouer franc jeu. Très récemment, ce fut le Porte-parole du gouvernement qui insinuait que c’est paradoxal que ceux qui devaient nous aider sont ceux qui font tarder les choses. Même la sortie du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération, Alpha Barry qui a soutenu que si la France n’avait pas intervenu, les terroristes auraient pris Djibo, n’a pas convaincu. Au contraire, elle est venue agacer l’opinion publique qui estime même que c’est la France et les autres pays occidentaux qui vendent les armes aux terroristes.

Les cinq chefs d’Etat «convoqués», iront-ils répondre à l’appel de Macron? Si oui, que va-t-il donc se passer à Pau, ce 16 décembre?

Pour sa part, Roch Marc Christian Kaboré a déjà indiqué qu’il s’y rendra et que ce sera l’occasion de se «parler franchement». A voir de près, on se rend tout de suite compte qu’autant la France a des choses à dire, autant les cinq chefs d’Etat du G5 Sahel ont des choses à dire. Aussi, est-on en droit d’espérer que Pau sera un nouveau départ dans la lutte contre le terrorisme. Car, si réellement, en luttant contre le terrorisme au Sahel la France défend sa propre sécurité, elle prendra d’autres engagements car jusque-là, ceux qu’elle a pris depuis 2013 ne suffisent pas. Comme on dit, c’est bon mais ce n’est pas arrivé.

Dabaoué Audrianne KANI



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