Qu’avons-nous fait, réellement, pour mériter ces médailles ?

09/12/2019
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La Nation a été reconnaissante à l’endroit de certains de ses fils et filles. Officiellement, ils ont été décorés au palais présidentiel, devant le chef de l’Etat. A tous ceux qui portent désormais ces titres honorifiques, la nation reconnaissante les appelle à travailler davantage. De même, elle encourage tous ceux qui n’ont pas encore eu cet honneur à persévérer davantage dans ce qu’ils font au quotidien pour leur pays, mais également pour eux-mêmes.

En effet, la première question qu’on doit se poser quand on arbore fièrement une médaille, est celle de savoir qu’est-ce qu’on a pu faire de grand pour son pays pour mériter sa reconnaissance. Ensuite, la deuxième question est de se projeter dans l’avenir pour être utile à la même nation et à l’ensemble de communauté dans laquelle on vit. Car, le plus important, ce n’est pas la médaille, mais le symbole qu’elle porte. C’est pourquoi, même s’il n’est pas temps de repenser les critères d’éligibilité à la décoration, il faudrait mettre plus de sérieux dans le choix des personnes qui doivent porter sur leurs poitrines les couleurs nationales. Les Burkinabè se connaissent. Ils savent ce que les uns et les autres font pour la nation. Autrement dit, une médaille ne doit pas être une récompense politique, encore moins une question de copinage.

A propos, on peut bien apprécier la décoration des présidents des principaux partis politiques de l’opposition à l’Assemblée nationale. Car cela peut participer de la volonté du pouvoir, non seulement à reconnaître le travail que fait son opposition, mais peut bien contribuer à l’accalmie du climat sociopolitique. Surtout en cette période où, de plus en plus, les Burkinabè veulent aller à la réconciliation. Cependant, la boucle aurait été bouclée si effectivement, on avait fait de même pour des partis de la majorité présidentielle. Tel que fait, on a l’impression que les décorations sont la propriété du pouvoir qui les donne à qui il veut. Bref!

Comme chaque année, des Burkinabè ont été décorés. D’autres le seront dans d’autres occasions. S’il y a des événements qui devraient pouvoir nous unir, ce sont ces questions qui touchent les fondements de notre nation. Autrement dit, les Burkinabè s’ils doivent le réapprendre ont l’obligation de mettre les intérêts de leur pays au centre de leurs préoccupations. Tant qu’on ne réfléchira pas nation d’abord, tous les efforts des pouvoirs publics seront vains. Une décoration n’est pas la conséquence d’un service qu’on a rendu à soi-même, mais à une communauté ou à son pays, à un moment donné de sa vie. Malheureusement, tout le monde ne peut être décoré. Néanmoins, les efforts doivent être faits de manière à ce que, dans tous les domaines, les efforts des uns et des autres soient reconnus et récompensés. Comme dit l’artiste, tout le monde est important. Si bien que dans cet effort de construire notre pays, on se complète. Pourvu que nous continuons de nous battre, encore plus, pour répondre toujours présent à l’appel de notre pays, le Burkina Faso.

Dabaoué Audrianne KANI



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