Après l’insécurité physique, voici l’insécurité alimentaire

12/12/2019
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La carte du Burkina pris une autre couleur. Cette fois-ci, il s’agit de l’insécurité alimentaire, une réalité à laquelle les Burkinabè devront faire face. Ainsi, le Burkina Faso entame son 60ème anniversaire à partir d’aujourd’hui 12 décembre dans une nouvelle difficulté. Si au plus haut niveau l’appel a été clair, il reste à savoir s’il sera entendu. Et pourtant, il faut qu’il soit entendu, entièrement et par tous. Les Burkinabè devront prendre et assumer chacun, individuellement, sa responsabilité face aux défis qui se posent au pays.

En plus de la sécurité physique des personnes et des biens, le pays va faire face à la sécurité alimentaire. Car, les nouvelles ne sont pas bonnes, même si la production agro-sylvo-pastorale de la campagne qui vient de s’achever est excédentaire.

En effet, «1,2 million de personnes ont besoin d’assistance immédiate (phases 3-5) en octobre-décembre 2019, soit 5,9% de la population totale. Ces populations sont concentrées dans les régions du Centre-Nord (35%), du Sahel (19%) et de l’Est (12%), principalement en raison de l’insécurité et des déplacements conséquents qui les ont contraintes à abandonner leurs champs de culture et leurs bétails, affaiblissant ainsi leurs moyens d’existence. Certaines zones sont seulement partiellement accessibles, rendant l’accès humanitaire difficile», selon un rapport du Réseau de prévention des crises alimentaires (RPCA). Pire, on annonce que la situation risque de se dégrader entre juin et août 2020 période à laquelle, ils seront 1,8 million de Burkinabè à avoir besoin d’aide alimentaire.

- Apporter une assistance humanitaire immédiatepour les populations en situation de crise (phase 3) et d’urgence (phase 4), notamment dans les régions du Centre-Nord et du Sahel.

- Assurer le déploiement de l’assistance alimentaire et humanitaire dans les zones à accès humanitaire limité, incluant des mesures spécifiques pour la prise en compte de la dimension genre.

- Renforcer l’assistance alimentaire et nutritionnelle dans les camps de déplacés internes ; prévoir des mesures spécifiques en faveur des enfants et des femmes qui sont les principales victimes.

- Mener des actions en faveur des déplacés habitant hors des camps et de leurs communautés hôtes.

- Rétablir et/ou renforcer l’accès aux services sociaux de base, notamment l’eau potable, l’hygiène, assainissement, ainsi que les infrastructures socio-éducatives et sanitaires.

- Mener des interventions préventives en faveur des populations sous pression (phase 2) pour apporter un appui à leurs moyens d’existence et renforcer leur résilience.

- Sécuriser et faciliter les mouvements de transhumance du bétail pour prévenir des conflits communautaires ; renforcer la disponibilité et l’accès du bétail aux aliments, à l’eau et aux soins dans les zones ayant enregistré des déficits fourragers importants.

- Renforcer des actions de prévention et de prise en charge de la malnutrition aiguë.

La principale question qui se pose est celle de savoir si le Burkina Faso, avec ce qu’il connaît déjà comme difficultés, pourra véritablement faire face à cette autre crise alimentaire. Surtout si d’ici là, la menace terroriste ne s’affaiblit pas. C’est dire qu’au lieu de passer leur temps à pinailler sur des questions inutiles, les Burkinabè doivent prendre la mesure exacte de ce qui les quête et y répondre rapidement. Pendant qu’il est encore temps.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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