Assassinat de Norbert Zongo, 21 ans après la justice suit-elle son cours ?

13/12/2019
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C’est à la faveur de la transition intervenue, après l’insurrection populaire d’octobre 2014, que le dossier Norbert Zongo a été rouvert. Comme nouveau élément, la présumée implication de François Compaoré dans le dossier. Le 5 décembre 2018, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris avait autorisé l’extradition de Compaoré vers Ouagadougou. Cette décision avait fait l’objet d’appel des avocats de François Compaoré.

Mais le 4 juin 2019, la Cour de cassation valide l’extradition de François Compaoré vers le HYPERLINK "https://www.lemonde.fr/burkina-faso/" Burkina Faso. A noter que François Compaoré avait été arrêté à l’aéroport de Paris-Charles-de-Gaulle en octobre 2017, en exécution d’un mandat d’arrêt émis par les autorités de Ouagadougou.

En attendant donc la décision finale de la justice française, à savoir si François Compaoré va être extradé ou pas vers le Burkina (ce qui n’est certainement pas pour demain), les défenseurs des droits de l’homme rongent leurs freins. Aujourd’hui 13 décembre, ils seront encore au-devant de la scène pour marquer leur attachement à la justice pour Norbert Zongo et ses trois compagnons d’infortune, assassinés ce 13 décembre 1998 à Sapouy.

Qu’on le veuille ou non, le dossier Norbert Zongo (tout comme celui de Thomas Sankara et bien d’autres) sera tôt ou tard jugé. Que François Compaoré soit extradé ou non. Aussi, François Compaoré, s’il ne se reproche rien, devrait venir au Faso de son propre chef pour répondre et prouver son innocence. Car, ces dossiers ne peuvent pas continuellement polluer la vie politique et judiciaire au Burkina. Tant qu’ils ne seront pas vidés, la réconciliation dont tout le monde parle sera mal faite. Puisque, pour pardonner du fond du cœur, il faut au moins savoir qui a fait quoi et pourquoi?

Que ce soit le pouvoir en place ou un autre pouvoir, il ne peut pas utiliser ces dossiers comme fond de commerce politique. Les Burkinabè sont assez bien avertis pour savoir ce qu’ils veulent. C’est d’ailleurs pourquoi ils sont très attachés au jugement dans les règles de l’art de ces dossiers, comme ce fut le cas du dossier du putsch manqué. Où les accusés, la défense et tous les acteurs ont eu la parole pour nier ou justifier les faits. Il est presque évident que les Burkinabé ne sont plus dans des positions de vengeance les uns des autres. La construction de l’Etat-nation ne sera pas faite si des gens s’inscrivent dans cette posture qui pourrait tout remettre en cause.

François Compaoré, ses soutiens et ses camarades politiques doivent prendre la mesure exacte de la situation et du contexte pour permettre de faire la lumière sur cette affaire. Ce qui lui permettra d’avoir la conscience tranquille. A 64 ans, il mesure sans aucun doute l’importance, pour quelqu’un comme lui qui a dirigé le pays pendant 27 ans aux côtés de son frère, de laisser une bonne image de soi aux générations futures. Il y gagne grandement.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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