Monsieur le Président, c’est à vous d’avoir du courage

06/01/2020
00:00

Dans son discours de fin d’année à la nation, le président du Faso a souhaité du courage à tous ceux qui ont été au cours de l’année 2019 affectés par le phénomène du terrorisme. Que ce soit les parents des victimes mortes, les blessés, les enfants devenus orphelins, les forces de défense et de sécurité, les personnes déplacées, les malades, ils ont tous reçu la compassion du président burkinabè. Qui, comme il l’a lui-même déclaré, «ressent toute la douleur, celle que ressent chaque mère, chaque père, chaque personne qui perd un être cher».

Roch Marc Christian Kaboré a également souligné que dans son action quotidienne, il a toujours eu pour point de mire «la satisfaction des aspirations légitimes des Burkinabè dans le respect des droits et libertés de chacun et de tous». Avant d’ajouter que la «victoire du peuple burkinabè sur le terrorisme est certaine, parce que nous avons foi en notre unité face à l’adversité, foi en notre détermination inébranlable, foi en l’avenir radieux du Burkina, un Burkina Faso éternel en Afrique et dans le monde».

A partir de ces trois extraits, on a envie de dire que c’est plutôt Roch qui a besoin de courage. Car, à l’analyse, et ce depuis 2015, le peuple burkinabè est resté courageux. Il n’a pas cédé à toutes les tentatives de le déstabiliser, d’opposer une partie des Burkinabè contre une autre (même si des cas moins intéressants ont été constatés). Ce peuple est resté résilient et s’est même adapté, d’une certaine manière, à la nouvelle vie que le terrorisme lui a imposée.

Le plus grand courage est à souhaiter au président et à son équipe. Car, ayant choisi de diriger le pays et de trouver des solutions aux «aspirations légitimes du peuple», il lui revient de s’armer de courage pour qu’il en soit ainsi. Les Burkinabè sont bien conscients qu’un président, fut-il le meilleur des présidents, ne peut, lui seul, résoudre les problèmes de toute une nation. Cependant, il lui revient avec son équipe, de donner les orientations, les vraies, pour que le peuple dans un élan solidaire parvienne à satisfaire ses «aspirations légitimes». Aussi, le président doit pouvoir mettre toute son équipe au travail. Surtout en cette dernière année de fin de mandat. Car, c’est lui qui aura à rendre compte de ce qu’il a fait au cours du mandat que les Burkinabè lui ont donné. Au lieu donc de passer le temps à bavarder dans des conférences de presse ou à faire des déclarations incendiaires, il doit attirer l’attention de ses troupes que l’heure n’est pas à la confrontation politicienne inutile. Un homme politique averti, Mélégué Traoré avait demandé aux Burkinabè de s’unir derrière leur président, non pas en tant que Roch, mais en tant qu’institution, car nous n’en avons qu’un seul. Mais cela ne peut être fait que si les conditions sont créées et réunies pour qu’il en soit ainsi. La réussite, dit-on, a plusieurs pères, mais l’échec n’en a qu’un seul.

Dabaoué Audrianne KANI

 



16
Partager sur Facebook

B Commentaires - Soyez le premier à commenter -

Recherche

Derniers articles

L’incivisme est frère jumeau de la corruption

La gangrène est bien plus profonde, étendue et grave qu'il n'y paraît. Et même si le maire de Bobo-Dioulasso s'énerve contre sa police administrative e...

29/01/2020

«Ma part de vérité», Jean-Baptiste devrait-il se taire ?

Un homme politique bien averti m'avait prévenu que pour savoir que Thomas Sankara est «vénéré», et même «sacralisé», il fallait se rendre en dehors du ...

28/01/2020

Ainsi les week-ends seront politiques jusqu’à ce que...

En attendant que la date des élections couplées (présidentielle et législatives) soient fixées et que celle de la campagne le soit, les états-majors de...

27/01/2020

Portrait

Conseil des ministres

Vidéos





19:00:46