Grève des chauffeurs routiers, pourquoi ça fait flop

10/01/2020
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Visiblement, la grève de 72 heures des transporteurs routiers du Burkina n’a pas été suivie. En tous cas, la mobilisation attendue par les organisateurs est en deçà et les conséquences que redoutaient les populations n’ont pas eu lieu. Certainement qu’en face, des mesures ont été prises pour minimiser ces conséquences pour ne pas perturber l’économie nationale. Du reste, plusieurs raisons peuvent expliquer cette faible mobilisation. Mais, il y a tout de même des raisons majeures. Parmi lesquelles, la division même au sein des chauffeurs routiers et le ras-le-bol des Burkinabè face aux multiples mouvements d’humeur et grèves perlées, ça et là, qu’on a connus au cours des années précédentes, notamment en 2019.

Les chauffeurs routiers ne sont pas allés dans ce mouvement en rangs serrés. Pendant qu’un groupe soutenait le mouvement de grève, un autre, pas officiellement, n’a pas suivi. On pourrait même dire qu’il a travaillé à faire en sorte que la grève ne réussisse pas. Cela démontre aussi la lassitude de certains chauffeurs face au mode de revendication de leur corporation. Car, cela fait la énième fois que les chauffeurs routiers vont en grève, bloquent le trafic routier et asphyxient l’économie. Même si leurs revendications sont légitimes, elles ne devraient pas avoir pour motivation de ralentir l’économie. C’est au regard de tout cela que certainement, des membres se sont plus ou moins désolidarisés de cette grève qui apparaît comme une de trop.

Dans un second chapitre, il faut reconnaître que les Burkinabè en ont marre des mouvements d’humeur et des grèves. Qui, faut-il encore le répéter, ne participent pas, pour certains à leur bien-être. Car, se sont-ils finalement rendus compte qu’on ne construit pas un pays en l’empêchant de fonctionner. Les mouvements contre les grèves des agents de santé et les mouvements d’humeurs des agents du ministère de l’Economie, des Finances et du Développement en sont la preuve.

C’est un avertissement qui est fait à tous les travailleurs et agents qui voudraient aller en grève ou observer un mouvement d’humeur sans des raisons qui vaillent la peine. Par ailleurs, le contexte sécuritaire dans lequel se trouve le pays ne sied pas à des grèves ni des mouvements d’humeur. Le président du Faso a, au cours de son message de fin d’année, appelé les Burkinabè à la cohésion et surtout à observer une trêve sociale afin de donner toutes les chances aux Forces de défense et de sécurité de lutter efficacement contre les terroristes. Un message qui semble avoir été entendu. Car, ne dit-on pas que lorsque vous avez un ennemi commun, il faut se coaliser contre lui, le vaincre et si besoin on revient faire sa bagarre?

On espère que les chauffeurs routiers ont compris une fois pour toute que si les causes pour lesquelles ils se battent méritent d’être défendues, il n’en demeure pas moins qu’ils doivent y mettre la manière. Pour ne pas avoir sur le dos les Burkinabè.

Dabaoué Audrianne KANI



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