IUTS : le gouvernement y tient, des syndicats contestent

13/01/2020
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Le ministre de l’Economie, des Finances et du Développement, Lassané Kaboré a indiqué au cours du traditionnel point de presse du gouvernement le jeudi dernier que rien ne s’impose à l’application de l’Impôt unique sur les traitements et salaires sur les primes et indemnités des travailleurs du public. Car, la loi a déjà été votée et l’impôt en question est inscrit comme recette dans le Budget de l’Etat, exercice 2020. D’ailleurs, pour lui et ceux qui soutiennent cet impôt, c’est faire preuve de justice sociale en l’élargissant à l’ensemble des travailleurs. Jusqu’à présent, il était perçu sur les travailleurs du privé alors que ceux du public en étaient exemptés. Le gouvernement est soutenu dans son action par une partie des syndicats qui estiment même pour certains que c’est un effort de guerre qui est ainsi demandé aux travailleurs du public au moment où le pays fait face au phénomène du terrorisme.

Pour les opposants à l’Impôt unique sur les traitements et salaires, il fallait plutôt le supprimer dans le privé au lieu de l’élargir à tous les travailleurs. Car pour eux, c’est un impôt de trop quand on considère que les travailleurs en paient déjà assez. Pour eux, c’est une autre manière pour le gouvernement de récupérer par la gauche ce qu’il a donné par la droite. Naturellement, aucun salarié ne va accepter cela. Malheureusement, la loi ayant été déjà votée, il va s’en dire qu’elle sera appliquée et, selon le gouvernement dès ce mois de janvier. C’est dire que les travailleurs du public pourront ainsi la constater sur leurs salaires en fin de mois. Le gouvernement qui paie les salaires n’aura pas de difficulté à faire le recouvrement.

Là n’est pas la principale question qui se pose. L’important est de savoir si les syndicats qui estiment que c’est un impôt de trop resteront les bras croisés. On se rappelle que Bassolma Bazié, quand il était encore président du mois de l’Unité d’action syndicale (UAS) s’est rendu dans des Etats-majors de partis politiques de la majorité et de l’opposition pour justifier le fait qu’il fallait plutôt supprimer cet impôt. L’UAS est soutenue dans son action par des syndicats autonomes suffisamment forts qui considèrent que c’est une provocation que le gouvernement fait. Il est donc clair que la lutte va s’engager très bientôt. Quand on sait que la suppression de cet impôt était inscrite dans les préalables de la rencontre gouvernement/syndicats, il est clair que les anti-IUTS vont durcir le ton.

Ce qui pourrait paraître comme un avantage pour le gouvernement parce qu’il a réussi à diviser les syndicats ne l’est pas en réalité. Car, l’expérience montre que les syndicats qui sont toujours acquis à un gouvernement pèsent toujours très peu dans la balance. Mieux, en le faisant publiquement, ils contribuent à radicaliser la position des autres. Le gouvernement doit donc se préparer à faire face à cette autre fronde sociale en téléchargement. Pendant que le président demande une trêve sociale. Reste à savoir si les Burkinabè vont suivre le mouvement.

Dabaoué Audrianne KANI



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