Procès du putsch de septembre 2015 : Plus de 900 millions de F CFA pour des victimes

14/01/2020
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Le tribunal militaire a livré son verdict sur le jugement des intérêts civils dans le procès du coup d’Etat de septembre 2015, hier lundi 13 janvier 2020. Il a condamné les coupables, dont le Général Gilbert Diendéré, à payer la somme de 947279507 F CFA à titre de dommages et intérêts aux parties civiles.

-947 279 507 F CFA. C’est la somme que les accusés du putsch de septembre 2015 devront payer «solidairement» aux parties civiles à titre de dommages et intérêts. La décision est tombée, le 13 janvier 2020 au tribunal militaire de Ouagadougou.

369500000 F CFA seront versés aux ayants droits des 15 personnes décédées. Les dommages et intérêts aux personnes blessées et celles ayant eu des biens détruits s’élèvent à 573779507 F CFA répartis comme suit :

- 235816000 F CFA pour préjudice moral pour coups et blessures volontaires et dégradations de biens : pretium doloris et préjudice esthétique.

- 13633085 F CFA pour préjudice matériel pour coups et blessures volontaires : frais médicaux et perte de revenus

- 324330410 F CFA pour préjudice matériel pour dégradation de biens.

L’activiste et artiste musicien, Serge Martin Bambara dit Smokey dont le studio Abazon a été détruit pendant les événements de septembre 2015, devrait percevoir la somme de 68727570 F CFA pour préjudice matériel pour dégradation de biens. Quant aux ayants droits de feu Salifou Diallo, les accusés devront leur verser 129702189 F CFA. Dans sa décision, le Tribunal militaire a débouté certaines parties civiles dont l’Etat du Burkina Faso de ses réclamations car étant mal-fondées. Selon Maître Awa Savadogo, avocate représentant l’Etat du Burkina Faso, son client demandait plus «d’un milliard de F CFA».

Pour certains observateurs, ce verdict peut résonner comme un soulagement pour les victimes après ce long feuilleton judiciaire qui a duré près de deux années. Mais en vérité, combien avons nous dépensé en rétribution (avocats, magistrats, les jurés,…) et autres coûts pour l’ensemble des participants à ce procès ? De plus, comment les victimes ont-ils la certitude d’avoir la réparation prononcée par le tribunal militaire quand on sait que la plupart des accusés sont en train de purger les peines d'emprisonnement ? Même si l'on arrivait à déterminer la méthode de recouvrement des montants à verser aux victimes, reste à savoir quand est-ce que ces derniers peuvent-ils rentrer en possession de leurs droits. Allons courageusement à la réconciliation !!!!

Ousmane TRAORE



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