Ils sont revenus de Pau et la lutte continue

15/01/2020
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Du conclave de Pau entre Emmanuel Macron le président français et les cinq chefs d’Etat du G5 Sahel, on peut tout simplement retenir que ces derniers ont réaffirmé leur souhait de la poursuite de l’engagement militaire de la France au Sahel et ont plaidé pour un renforcement de la présence internationale à leurs côtés. En français facile, ils veulent que la France reste dans la zone pour lutter à leurs côtés contre le terrorisme. Mieux, ils ont souhaité que la nouvelle Coalition militaire qui sera mise en place prenne en compte d’autres pays partenaires qui voudraient se joindre à eux dans cette lutte face à laquelle, ils n’ont visiblement pas les moyens. Les opinions africaines qui se sont élevées contre la présence de la France dans le Sahel et d’une manière générale dans nos pays doivent encore attendre. Nos chefs d’Etat ont décidé qu’il en soit ainsi.

Il est évident qu’ils ne seront pas compris dans leur position. Mais, le réalisme des relations diplomatiques internationales voudrait qu’il en soit ainsi. La nature de la lutte contre le terrorisme voudrait qu’il en soit également ainsi. L’important est que dans cette lutte, chacun joue franc-jeu de manière à faire mentir ceux qui pensent que la France est présente au Sahel pour des intérêts autres que la lutte contre le terrorisme.

En effet, la lutte contre le terrorisme est internationale. Exactement comme l’est le terrorisme. C’est pourquoi, il faut que tous ceux qui ont fait des promesses de soutien ou promis de s’engager militairement dans la lutte le fassent. Et très rapidement.

Les peuples africains, victimes du terrorisme, devraient à leur tour le comprendre. Car à eux seuls, ils ne peuvent gagner la lutte contre le terrorisme. Parce que, la lutte contre le terrorisme n’est pas seulement militaire. Elle nécessite un développement harmonieux des zones infestées. Un développement qui ne peut se réaliser sans la contribution ou le soutien de partenaires.

Il faut être réaliste. Quels que soient la volonté et l’engagement des populations et des forces de défense et de sécurité des pays membres du G5 Sahel, ils ne peuvent gagner la lutte contre le terrorisme. La preuve en est que malgré cet enthousiasme qu’on constate sur le terrain depuis le début du phénomène, le terrorisme gagne du terrain. De plus en plus d’ailleurs avec toutes les conséquences qu’on connaît. Dont des centaines de morts dans les rangs des forces de défense et de sécurité et dans le milieu civil et de nombreux déplacés internes qu’il faut prendre en charge sur tous les plans (sanitaire, alimentaire, éducatif et même sécuritaire).

Le plus important est que, comme l’a souhaité et dit le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré, il faut qu’il y ait des résultats probants à la satisfaction de tous. C’est sur ce terrain-là que tous les acteurs sont attendus. Nul doute qu’avec ce nouvel engagement et cette nouvelle organisation, le terrorisme connaîtra un recul, à défaut d’être complètement anéanti.

Dabaoué Audrianne KANI



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