Geste humaniste envers de Djibrill Bassolé

30/01/2020
00:00

Dans l'attente d'une évacuation sanitaire depuis des mois, le Général Djibrill Bassolé, 62 ans, a finalement obtenu l’autorisation pour se soigner en France. Les autorités françaises lui ont accordé lundi un visa de trois mois renouvelables. Son avion a quitté Ouagadougou mardi 28 janvier dans la soirée. Très affaibli par la maladie, l’ancien ministre burkinabè des Affaires étrangères, condamné à dix ans de prison ferme pour sa participation au putsch manqué du 16 septembre 2015, a été autorisé à quitter le Burkina Faso en échange d’une caution de 30 millions de francs CFA. Une photo le montrant très diminué avait fait le tour des réseaux sociaux alors qu’il venait d’être transféré au centre hospitalier universitaire de Tengandogo. Depuis lors, les réactions des internautes n’ont cessé de fuser sur la toile. Certains internautes comme l’ancien ministre de la Culture, Tahirou Barry qui lui avait rendu visite quelques jours plus tôt dans sa cellule, avait appelé les hautes autorités à faire preuve de diligence et de promptitude dans sa demande d’évacuation sanitaire. D’autres internautes par contre, ont estimé que l’ancien chef de la diplomatie burkinabè devrait continuer à payer le prix d’un système qui a régné pendant un quart de siècle, sans pouvoir doter le pays d’hôpital de renom. Toujours est-il, qu’après six mois de demandes répétées, Djibrill Bassolé a enfin eu le feu vert des autorités pour aller se soigner hors du pays. C’est cela le plus important. Libre à chaque Burkinabè d’avoir son opinion sur le dossier. Mais, face aux alertes sur la dégradation de son état de santé ces derniers mois, les hautes autorités burkinabè pouvaient-elles restées indifférentes? Oui. Dans la mesure où Djibrill Bassolé qui purge une peine de 10 ans est accusé par la justice d’être l’un des cerveaux du putsch manqué de septembre 2015. Non! Parce que même condamné, Djibrill Bassolé reste un humain. A ce titre, il a droit à la santé au même titre que tous les autres Burkinabè. Par humanisme, les hautes autorités ne pouvaient donc restées indifférentes face aux nombreuses alertes de sa famille et de ses proches. C’est certainement le côté humaniste qui a pris le dessus. C’est en cela qu’il faut saluer la sage décision des hautes autorités qui ont permis son évacuation sanitaire. Cela va contribuer à apaiser les cœurs de ses partisans qui peuvent voir que leurs innombrables appels à l’endroit des hautes autorités ne sont pas tombés dans l’oreille de sourd. Cette décision en elle-même peut être perçue aussi comme un signal fort vers la réconciliation que les Burkinabè souhaitent de tous leurs vœux.

Ousmane TRAORE



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