Et si le gouvernement faisait la force aux opérateurs téléphoniques

05/02/2020
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Et si le gouvernement faisait la force aux opérateurs téléphoniques
C’est l’opérateur téléphonique Orange qui a jeté le pavé dans la marre en annonçant à ses abonnés qu’il procédera à l’augmentation des tarifs de ses transactions à partir du 17 février 2020. Ces augmentations, selon, l’opérateur s’expliquent par le fait que dans l’exécution de son budget 2020, le gouvernement a augmenté de 7 % la taxe sur le chiffre d’affaires réalisé par chaque entreprise de téléphonie mobile. Ce que le Premier ministre juge «inacceptable». A sa suite, la Ligue des consommateurs du Burkina dit que «c’est avec un grand étonnement qu’elle a appris dans un communiqué daté du 30 janvier 2020 que Orange, à compter du 17 février, procèdera à un réajustement tarifaire». Aussi, la Ligue s’insurge contre toute augmentation tarifaire qu’elle qualifie «d’unilatérale» et «incompréhensible». Toujours selon elle, au lieu de procéder à une augmentation de ses tarifs, la Ligue invite Orange à améliorer la qualité de ses services. Mieux, le président de la Ligue menace qu’il se réserve «le droit d’organiser les consommateurs pour faire face à toute augmentation des tarifs de télécommunication au Burkina Faso».
Tout cela est bien car ça participe de la défense des intérêts des populations. Mais, à dire vrai, on a cette impression que le Premier ministre et la Ligue des consommateurs, au lieu de voir là où on a trébuché, s’attaquent à là où on est tombé. Si Orange a décidé d’augmenter ses tarifs (les autres opérateurs devraient certainement suivre après) c’est tout simplement parce que le gouvernement a augmenté de 7 % la taxe sur le chiffre d’affaires. Autrement dit, la polémique actuelle n’est pas du ressort des opérateurs de téléphonie. C’est le gouvernement qui l’a créée. C’est à-peu-près la même chose comme l’application de l’Impôt unique sur les traitements et salaires sur les indemnités des travailleurs du public et du parapublic.
Il faut le dire tout net. La pression fiscale est telle sur les Burkinabè qu’ils risquent de ne pas la supporter. Si le gouvernement n’avait pas remis à plus tard l’IUTS sur les salaires des fonctionnaires, il est presque sûr que la tension sociale avait pris une autre tournure. Mais, s’il renonce définitivement à cette taxe sur les salaires et traitements des travailleurs du public, il donne ainsi raison aux organisations syndicales qui demandent sa suppression pure et simple sur les traitements et salaires des travailleurs du privé. C’est dire donc que la lutte syndicale va se poursuivre sur ce plan-là.
A voir de près, on peut, au risque de se tromper, dire que le gouvernement au lieu de régler certaines questions, les déplace. Tout en sachant certainement qu’ils le rattraperont, tôt ou tard.
S’il y a augmentation de la taxe sur le chiffre d’affaires des sociétés de téléphonie, il faut que quelqu’un à quelque part la paie. Et ce ne sera pas quelqu’un d’autre que les consommateurs. Le gouvernement le sait pertinemment. Mais, il fait semblant.
Dabaoué Audrianne KANI


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