Réconciliation nationale, des sages et la bonne porte de sortie?

07/02/2020
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Les sages de l’appel de Manéga croient fermement à la réconciliation nationale et au retour de la paix au Burkina Faso. Ils estiment même que cela peut et doit se faire avant les élections présidentielle et législatives du 22 novembre 2020. Réunis en conférence de presse ce mercredi 5 février 2020 à Ouagadougou, ils ont donné leur lecture de la situation et déballé leur feuille de route.

Pour les sages de l’appel de Manéga, il faut nécessairement un dialogue direct inter-Burkinabè dont un forum national de réconciliation inclusif auquel prennent part les exilés politiques et autres. Ce qui sous-entend que Blaise Compaoré et les autres doivent être pris en compte. Et pour cela, il faut qu’ils soient rentrés. Les sages proposent que tout cela se fasse au cours de l’année 2020. Autrement dit, ça devait être un préalable aux prochaines élections. Est-ce possible? Aux côtés de sages, d’autres structures, des Organisations de la société civile et même des partis politiques œuvrent dans le même sens. Car, ils sont tous unanimes que la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble ne peuvent être effectifs au Burkina Faso sans une véritable réconciliation nationale, au cours de laquelle, on vide tout le contentieux. Et c’est là que va se poser le vrai problème.

On se rappelle qu’après le drame de Sapouy en 1998, un collège de sages avait été créé en 1999. Des travaux de ce collège, il était ressorti la nécessité de la réconciliation nationale. Mais, cela devait passer par la vérité et la justice. Mais, avant d’y arriver, dès sa création, le collège de sages avait suscité de nombreuses réactions. Pour les uns, il s’agissait d’une manœuvre de diversion de plus. Pour les autres, sa conception unilatérale ne pouvait lui conférer une quelconque crédibilité. Il fallait donc s’en démarquer. Les plus indulgents, tout en se posant des questions sur sa légitimité, se demandaient ce qu’il adviendrait de ses recommandations.

Malheureusement, à l’issue des travaux fort appréciables de ces sages, les conclusions et recommandations n’ont pas été suivies. Donnant ainsi raison à tous ceux qui avaient eu des doutes. Une journée de pardon avait certes été organisée, mais elle n’avait pas réussi la catharsis à laquelle tout le monde s’attendait. Si bien que, quelques années après, le Burkina Faso est retombé dans les mêmes erreurs politiques, économiques et sociales. Et la suite, on la connaît.

Aussi, cette sorte de collège de sages bis doit être bien pensé, avec des objectifs bien clairs. On ne doit pas, avec l’appui de quelques officines politiques, aller à une réconciliation parce qu’elle arrange quelques personnes pour le moment. Elle ne doit pas être comme une panacée au risque de ne pas porter les espoirs de tout un peuple. Il est loin de douter de la bonne foi des initiateurs de cette démarche. Tout comme il n’en a pas été le cas en 1999. Mais, la réalité des faits (passés ou présents) recommande une certaine dose de prudence. Pour une réconciliation définitive.

Dabaoué Audrianne KANI

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