C’est humiliant pour le CDP et ses militants

10/02/2020
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Des députés et des militants du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) auraient refusé de se rendre en Côte d’Ivoire pour rencontrer Blaise Compaoré afin de prendre des instructions. On se rappelle que celui-ci, au plus fort de la crise qui opposait la direction du parti et une partie des militants qui soutenaient (ils continuent d’ailleurs de soutenir) la candidature de Kadré Désiré Ouédraogo, avait pris des décisions et annoncé des concertations en temps opportun. Certainement qu’à l’approche de la présidentielle et surtout de la désignation du candidat du parti, Blaise Compaoré veut tenir parole. Mais comment? Il est évident qu’en sa qualité de président d’honneur du parti avec des prérogatives, il a son mot à dire. Mais, il doit tout de suite comprendre qu’il n’a pas le dernier mot. Si des députés et des militants, et non des moindres, ont effectivement refusé d’aller le rencontrer à Abidjan, c’est tout dire.

Un parti politique ne se résume pas en une seule personne. Fut-il le fondateur et président d’honneur. C’est pourquoi, Blaise Compaoré et son entourage depuis Abidjan doivent comprendre que sur le terrain, il y a des gens qui ont bravé des péripéties pour qu’il soit là où il est. Tous ces gens ont un mot à dire. S’il y a des gens que Blaise Compaoré doit «convoquer pour leur donner des instructions», ce sont ceux qui refusent d’intégrer le parti malgré tout ce que lui-même et la direction du parti ont fait. Il leur avait été demandé de réintégrer le parti. Ce qu’ils n’ont pas fait, jusqu’à présent. Mieux, ils n’ont jamais mis fin à leur projet de candidature de Kadré Déisré Ouédraogo. Et Blaise Compaoré ne s’est jamais plaint d’eux; en tout cas officiellement. Il a laissé faire jusqu’à présent. C’est assez flagrant. Si ce n’est pas avec sa complicité, ça y ressemble.

N’est-ce assez humiliant pour des députés et des militants qui ont occupé de hautes fonctions d’aller à Abidjan pour «recevoir des instructions» sur la vie d’un parti politique? Ça donne l’impression que tout ce monde-là n’est pas mûr politiquement et ne peut se décider tout seul. Autrement dit, un candidat imposé par Blaise Compaoré ne peut que diriger, une fois élu, qu’avec la complicité de celui-ci. Alors que les fonctions de président du Faso requièrent au moins une certaine indépendance d’esprit. Blaise Compaoré doit bien définir lui-même sa place dans le Congrès pour la démocratie et le progrès; et surtout le rôle qu’il doit effectivement jouer pour mériter son titre de fondateur et président d’honneur. Au cas contraire, il pourrait ne plus maîtriser la situation.

Kadré Désiré Ouédraogo ayant lui-même démissionné du parti, sa candidature ne peut qu’être indépendante. Il est de ce fait loisible à qui le veut de le soutenir. Mais, Blaise Compaoré doit travailler à ramener tout le monde dans son parti s’il veut bien que celui-ci fasse de bons résultats à la présidentielle et aux législatives du 22 novembre prochain. Au cas contraire, ça pourra être compliqué.

Dabaoué Audrianne KANI



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