Abdoulaye Sawadogo, PDG de NAFASO: "L'agriculture n'est pas seulement le travail de ceux qui ont échoué à l'école "

11/02/2020
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L'Etat burkinabè vient d'inaugurer une usine de transformation du riz paddy en riz blanc. Une structure privée, notamment NAFASO est chargée du suivi de cette unité de transformation agro-alimentaire. Juste après le cérémonial d'ouverture de l'unité, nous avons tendu notre micro à Abdoulaye Sawadogo, Président directeur général (PDG) de NAFASO. Il parle de son expérience dans le domaine agricole.

 

Présentez nous Neema agricole du Faso en quelques lignes.

Neema Agricole du Faso (NAFASO) est une longue histoire. Après 13 années de travail à la SAP, j'ai été compressé dans les années 1990. Le programme d'ajustement structurel (PAS) de l'époque oblige. Je suis parti de la SAP avec 300 000 FCFA. N'étant pas allé loin dans les études à l'école du Blanc, mes chances étaient très limitées pour avoir un autre travail. D'ailleurs, travailler pour quelqu'un, était pour moi une façon de m'exposer à un autre licenciement. C'est ainsi que j'ai opté pour l'agriculture avec mes 300 000 FCFA. J'ai d'abord produit de la banane, ensuite j'ai produit de la pastèque et enfin du maïs. Au bout de 4 mois, je me suis retrouvé avec 1 200 000 FCFA. Pourtant je n'ai eu que 300.000FCFA comme économie après 13 ans. Dieu a fait cela pour que je comprenne que je peux réussir. Donc, de 1994 à 2002, j'ai beaucoup progressé. D'un hectare, je me suis retrouvé avec 100 hectares. En 2002, j'ai vendu ma production à 53 millions. Malheureusement, la société qui a acheté ma production a fait faillite. Elle m'a versé 3 millions en liquidité et les 9 autres en engrais. C'est ainsi que j'ai eu l'idée d'organiser la vente de mes produits. J'ai donc décidé de produire et ma femme s'occupe de la vente. C'est ainsi qu'est né NAFASO.

 

Pensez- vous avoir eu raison de mettre en place NAFASO ?

NAFASO a été la structure qu'il me fallait. Au début, tout n'a pas été rose. Juste après sa mise en place, soit 2002, j'ai produit plus de 270 tonnes de céréales que j'ai vendus sans rentrer dans mes fonds. Cela m'a obligé à réduire mes superficies, surtout que les moyens faisaient défaut. L'année qui a suivi cette mévente, il y a eu une inondation. Donc en 2003, j'ai dû acheter des vivres pour nourrir ma famille. Après ces différentes épreuves, les choses ont repris. Aujourd'hui, nous avons atteint le sommet de l'agriculture. Avant, c'était pour nourrir ma famille. Aujourd'hui, c'est voir comment nourrir l'Afrique.

 

Du sommet de l'agriculture, l'Etat vous a confié la gestion d'une usine de transformation agro-alimentaire. Pensez-vous pouvoir réussir cette mission ?

Disons que le travail que nous faisons n'est pas le fruit de ma seule ambition. N'oublions pas la main de Dieu. Moi je n'ai que le niveau Certificat d'études primaires (CEP). Par la grâce de Dieu, j'emploie des cadres. Au moins une dizaine. Ces cadres font bien le travail. Donc il n'y a pas d'inquiétudes à se faire pour la réussite de la mission. Car, nous payons le prix de notre réussite. Mes cadres touchent aujourd'hui, plus que les indemnités de 300 000FCFA qu'on m'a payés comme indemnités après 13 ans de travail. Nous avons donc une équipe dynamique qui fait le travail. J'emploie aujourd'hui 54 employés permanents. Donc nous avons du personnel qualifié. Nous savons que dans tout travail, il y a des difficultés. Mais nous savons toujours anticipé. Notre travail nous a permis de rencontrer le président Obama; c'est pour vous dire que ce que nous faisons est reconnu hors de nos frontières. L'agriculture n'est pas le travail de ceux qui on échoué à l'école. La preuve en est que j'emploie ceux qui ont réussi à l'école. Nous avons créé un peu partout en Afrique des maisons identiques à NAFASO.

 

L'usine inaugurée et placée sous votre gestion est une reprise de SONACOR selon certaines personnes, car elle fait le même travail que SONACOR. Êtes-vous sûr de pouvoir tenir ?

Attendez-nous sur le terrain. Nous sommes prêts à fournir du riz de qualité aux consommateurs. Car le riz que nous importons, c'est du vieux riz. Alors les produits qui sortiront de cette usine vont fidéliser les clients grâce à leur goût. Je vous rassure que l'usine mise sous notre gestion n'a rien à voir avec SONACOR. Nous ferons également de notre mieux pour que les prix soient à la portée du consommateur moyen.

Réalisée par

Souro DAO

 



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