Quand vont-ils retourner chez eux, ces déplacés internes ?

12/02/2020
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La question des déplacés internes est suffisamment sérieuse. Quand on voit des milliers de personnes, fuir des localités où elles sont nées et grandi, où elles ont tout bâti, malheureusement sans espoir d’y retourner rapidement, il y a véritablement lieu de s’inquiéter. Parce que, ces gens qui ont tout abandonné derrière eux, doivent réapprendre à vivre dans des localités qu’ils ne connaissent pas. Pire, leurs nouvelles conditions de vie n’étant pas des meilleures, ça crée naturellement d’autres problèmes. Notamment au sein des populations d’accueil qui n’étaient pas elles aussi préparées à une telle situation.

En effet, si ces populations fuyant les attaques terroristes étaient parties d’elles-mêmes, on pourrait dire qu’elles retourneront quand elles voudront. Malheureusement, c’est parce que nous n’avons pas pu faire face aux attaques terroristes qu’elles ont été contraintes de quitter. C’est dire que la probabilité qu’elles retournent chez elles assez rapidement est nulle. Autrement, au risque de se tromper, on peut dire que le Burkina Faso a perdu la guerre du terrorisme au Nord, au Sahel et à l’Est. En tout cas si l’on s’en tient au nombre impressionnant de déplacés internes (plus de 600000), d’écoles fermées (plus de 2300), d’enfants déscolarisés (plus de 300000), d’enseignants tués (une dizaine), de dégâts matériels innombrables, etc.

A dire vrai, cette nouvelle situation vient désorganiser non seulement l’administration burkinabè qui a dû quitter toutes ces zones, mais pire elle désorganise l’organisation du territoire national et de ce fait, tout le dispositif de développement mis en place par les pouvoirs publics. C’est pourquoi, il faut prendre très au sérieux cette situation. Car, les vraies conséquences, pour l’instant sont peu visibles. Mais dans les prochaines années, elles seront plus importantes. Car, à voir de près et au regard de la situation de façon générale dans la sous-région et particulièrement au Burkina Faso, la fin des attaques terroristes ne semble pas pour demain. Même si du côté du gouvernement on semble rassurer que les mesures qui sont prises apporteront très prochainement des résultats satisfaisants.

Face à cette situation qui est imposée à tout point de vue aux Burkina Faso, l’une des solutions semble être la solidarité nationale. N’ayant apparemment aucune solution face à cette situation, les Burkinabè se doivent de cultiver la solidarité pour démontrer à l’ennemi que malgré tout, ils restent débout et ne fléchiront jamais. Il n’est certainement pas question de croire que le terrorisme est une fatalité. Mais, c’est tout comme. Car, il doit être, désormais, partie intégrante de notre vécu quotidien. Mais cela ne veut nullement dire qu’il faut baisser la garde dans la lutte contre ce phénomène que nous avons vu venir, et que nous avons laissé s’installer.

En tout cas, les Burkinabè doivent s’armer contre le terrorisme et faire vivre leur sens de la solidarité et de la fraternité en ces moments assez difficiles. A ceux qui pensent que les conséquences du terrorisme ne regardent que ceux qui sont directement concernés, il faut faire savoir que c’est tout le Burkina qui est concerné. Car, ça n’arrive pas qu’aux autres.

Dabaoué Audrianne KANI



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