S’il veut discuter avec des djihadistes, laissez-le discuter !

13/02/2020
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Il faut tout de suite donner raison au président malien, Ibrahim Boubacar Keïta qui a choisi, entre autres moyens de lutte contre le terrorisme, de discuter directement avec les chefs djihadistes. Ce n’est pas une voie à écarter dans la mesure où, d’abord pour combattre un ennemi, il est toujours préférable de savoir ce qu’il veut exactement. Ensuite, prendre langue avec les chefs djihadistes permet au président malien de les impliquer durablement dans la recherche de la paix au Mali. Car, quels que soient les moyens militaires dont on dispose pour faire une guerre, celle-ci finit toujours par des discussions. Pourquoi donc ne pas commencer les discussions et épargner ainsi toutes les pertes en vies humaines et les autres conséquences d’un conflit qui n’arrange au finish personne! Tous les conflits armés que le monde a connus ont tous pris fin par des discussions. Et alors! Pourquoi au Mali et au Sahel ce sera l’exception?

En outre, le président malien et ses collègues, réunis au sein du G5 Sahel semblent avoir demandé en vain le soutien de la communauté internationale. La preuve est que depuis sa création en 2014, le G5 Sahel peine sérieusement à se mettre en place. Tant sur le plan militaire qu’en matière de développement des zones à risque. Tout simplement parce que ceux qui doivent le financer hésitent à le faire. Face à une telle situation, alors que le terrorisme gagne progressivement du terrain, on a envie de dire à tous ces «polémiqueurs» de laisser le président malien discuter avec ses chefs djihadistes. Il sait ce qu’il veut, il sait où il veut conduire son peuple.

Du reste, depuis qu’il y a eu des velléités de dialogue au Mali, avec la mise en place d’un gouvernement d’ouverture, les portes de la paix sont en train de s’ouvrir lentement, mais certainement pour toujours. Quoi de plus normal pour le président et son gouvernement de poursuivre dans cette dynamique! Que les va-t-en-guerre gardent leurs positions.

Au Burkina Faso, des voix se lèvent de plus en plus pour réclamer la réconciliation nationale. Ce n’est certainement pas pour rien. Car, les uns et les autres ont compris que nous nous sommes lancés dans un combat sans fin si on veut le gagner, uniquement, sur le plan militaire. Que ce soit au Mali, au Burkina et au Niger, le terrorisme à des sources. Il n’est pas né au hasard. Aussi, en recherchant ses sources et en s’y attaquant par tous les moyens, il est plus plausible de lui trouver des solutions. Et cela est d’autant plus vrai que ceux qui attaquent ne sont que nos frères. Donc, ayant des revendications que nous devrions pouvoir, une fois autour d’une table, logiquement satisfaire. Comme quoi, la solution au terrorisme tel qu’il se développe au Sahel ne viendra pas d’ailleurs. Elle se trouve ici, au Mali, au Niger, au Burkina Faso et dans l’ensemble des pays du G5 Sahel. Allons la chercher!

Dabaoué Audrianne KANI



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