Que les intellectuels aient enfin le courage de diriger le pays!

18/02/2020
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Le bon sens a complètement foutu le camp au Faso! Alpha Barry, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération a été obligé, à son corps défendant, d’expliquer publiquement pourquoi il a décidé d’affecter des officiers de police dans des missions diplomatiques de notre pays dans certains pays, notamment dans la sous-région. Parce que le Syndicat des agents du ministère des Affaires étrangères ont, au cours d’une conférence de presse publique, dénoncé ces affectations. Car pour eux, il n’est pas opportun d’affecter des policiers dans des ambassades au moment où le Burkina Faso traverse une crise sécuritaire. A en croire leur logique, ces policiers sont plus utiles sur les théâtres des opérations au Burkina Faso que dans une ambassade. Aussi, à les en croire ce sont eux, les diplomates et assimilés qui sont les mieux indiqués pour être affectés dans des postes au niveau des ambassades. Ce qui, sans pousser loin la réflexion, peut paraître une vérité. Mais en réalité, c’est faux et tout de suite faux. Une ambassade est un tout. C’est pourquoi on y trouve, en plus des diplomates, des fonctionnaires des finances, de la culture, de l’armée, de la communication et bien d’autres. D’où vient alors que ce sont seulement des diplomates qui doivent être affectés dans des ambassades?

A l’analyse, le bon sens a complètement quitté le cerveau de certaines personnes au Burkina Faso. Mues par leurs propres intérêts au détriment de l’intérêt collectif. Car au Burkina Faso, on pense beaucoup plus «moi» que «nous». Si le rôle d’un syndicat c’est de défendre les intérêts de ses membres, il doit avoir en tête que c’est parce que ses membres vivent dans une communauté qu’ils ont des intérêts. En d’autres lieux, les membres de ce syndicat qui ont animé cette conférence de presse devaient présenterpubliquement leurs excuses, non pas seulement au ministre, mais au peuple burkinabè qu’il a trahi.

Dans son livre sur l’histoire politique du Burkina Faso, Domba Jean-Marc Palm a souligné, à juste titre, que le Burkina Faso a plus souffert (et il continue malheureusement de souffrir) de l’égoïsme de ses intellectuels qui se sont plus préoccupés par les avantages que leur procuraient leurs positions, pour eux et leurs familles, que de servir la nation. Malheureusement, aujourd’hui comme hier, le pays souffre toujours de cette honteuse mentalité.

Que peut bien être un diplomate s’il n’est pas sécurisé? Que vaut bien une mission diplomatique dans un pays étranger si sa sécurité n’est pas assurée? Mieux, en ces temps de crise sécuritaire, n’était-il pas opportun que dans nos ambassades il y ait des agents de sécurité propres à nous, qui peuvent aussi assurer le renseignement?

Il est temps que les intellectuels (les vrais) dont les études et la formation de certains ont été assurées par le contribuable, s’approprient de la conduite des affaires de l’Etat. Il s’agit même de la survie du pays et de l’avenir des générations futures. Fuir ses responsabilités, c’est fuir sa citoyenneté, c’est refuser d’être Burkinabè.

Dabaoué Audrianne KANI

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