Quand Laurence provoque Bassolma, voilà ce que ça donne

04/03/2020
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«Quelqu’un qui connait l’origine du 8-Mars devrait bien réfléchir avant d’envoyer une telle correspondance...». Bassolma Bazié, Secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Burkina Faso répond ainsi à Laurence Marshall Ilboudo, ministre de la Femme, de la Solidarité nationale, de la Famille et de l’Action humanitaire qui, à travers une correspondance datée du 27 février demande «humblement au nom de toutes les femmes du Burkina Faso et au nom de notre idéal commun qu’est la promotion et la protection des droits de la femme... de sursoir» à la marche du 7 mars. Parce que, selon elle, les femmes organiseront un panel à la même date du 7 mars à Ouagadougou afin de préparer un dialogue direct qu’elles auront avec le président du Faso, Roch Marc Christian Kaboré.

Véritablement, la ministre Laurence Marshall Ilboudo a provoqué Bassolma Bazié et avec lui, l’ensemble des travailleurs qui prévoient de marcher ce jour-là. Mieux que cette provocation, la correspondance venant du ministère et directement adressée au Secrétaire général de la CGT-B, pose un réel problème. D’abord l’autorisation de manifester le 7 mars, le préavis de grève et de toutes les manifestations prévus dans le cadre de la plateforme des syndicats ne lui ont pas été adressés. Aussi, à quel titre s’adresse-t-elle aux syndicats? On aurait pu comprendre si c’était encore le Premier ministre. Ensuite, à la même occasion, seront organisées plusieurs autres manifestations dont le congrès du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), le parti politique dont elle est membre. A-t-elle demandé le report de ce congrès? Si tel n’est pas le cas, elle met dans l’embarras la direction de son parti. Puisque, elle aussi devait se soucier de la réussite du panel qui sera organisé le même jour.

Enfin, le véritable problème qui est ici posé est la discipline et la cohésion dans la gouvernance. Si on peut dire que ce dernier aspect est plus ou moins respecté (apparemment), il n’en est pas de la discipline. Donnant l’impression qu’il n’y a personne au gouvernail. Malheureusement, cette situation se vit dans presque tous les échelons de l’administration. Quand un ministre arrive en retard à une cérémonie alors que le Premier ministre est déjà là, il doit faire profil bas pour ne pas être vu. Curieusement, ce n’est pas toujours le cas. Bien au contraire, quand on arrive en retard, on donne cette impression de se faire voir par tout le monde. C’est de l’indiscipline administrative et un manque de respect doublé d’un manque notoire d’éducation que les protocoles doivent corriger. Car c’est une honte pour un subalterne d’arriver en retard et se pavaner devant l’assistance dans un froufrou qui frise le ridicule.

En outre, la diffusion de communiqués administratifs, dont certains sont estampillés du sceau de la confidentialité est un précédent très grave pour une administration qui se veut républicaine. Là aussi, ça a commencé par le haut. Les patrons préférant Facebook et autre twitter que les voix administratives traditionnelles. Dommage!

Dénis Dafranius SANOU

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