Le mémoire en défense de la majorité qui arrive en retard

05/03/2020
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Face à la grogne sociale qui va crescendo, le pouvoir met tout en œuvre non seulement pour justifier la mise en œuvre de la mesure portant application de l’IUTS sur les indemnités et primes des agents du public. C’est dans cette logique qu’intervient la déclaration de l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP) dont le coordonnateur n’est personne d’autre que Clément P. Sawadogo. Un joli mémoire en défense, si l’on peut l’appeler ainsi, qui retrace l’historique et surtout le contexte dans lequel l’IUTS a été institué en 1970 sur le salaire de base, avant d’être étendu aux indemnités et primes des seuls travailleurs du privé. A en croire l’APMP, c’est à la sortie de la crise financière à laquelle l’Etat devait faire face après les événements du 3 janvier 1966 que l’IUTS a été institué. Compris alors comme un acte patriotique qu’avaient consenti les travailleurs. Pris sous cet angle, la situation actuelle exige que le même effort soit fait. Malheureusement, tout cela n’a pas été suffisamment expliqué, donc peu compris des Burkinabè.

Ensuite, il est évident qu’en décidant de l’application de l’IUTS sur les indemnités et primes des travailleurs du public, c’est bien d’une question de justice sociale et d’équité qu’il s’agit. Encore faut-il que cela ait été bien expliqué et compris par ceux qui sont concernés?

Enfin, sur le plan de la loi (Constitution, projet de loi, code général des impôts et loi de finances 2020), tous les Burkinabè sont unanimes qu’il faut respecter la loi en se soumettant à elle. C’est l’une des conditions pour assurer à tous un bien-être social. Malheureusement, sur le terrain, ils ont l’impression que la loi ne s’applique qu’aux autres et pas suffisamment aux uns. Voilà pourquoi ils sont réticents. Pourtant, si des signaux forts avaient été donnés dans ce sens, il est presque sûr que les Burkinabè allaient adhérer. Une fois de plus, malheureusement, ça ne semble pas être le cas.

A l’analyse de la situation, on peut féliciter l’APMP pour cette sortie qui situe l’IUTS et sa mise en œuvre dans son contexte. Malheureusement, ces arguments qui ne sont pas des moindres arrivent très tard. Autrement, il est du devoir des partis de la majorité de défendre le gouvernement et le président du Faso. Mais, tout cela n’ayant pas été suffisamment organisé (c’est l’impression qu’on a), ces actions risquent de peser très peu dans la balance.

Le font social est déjà en ébullition. Presque tous les syndicats sont unanimes qu’il faut supprimer purement et simplement l’IUTS. Ce qui va constituer un manque à gagner de plus de 101 milliards de FCFA pour le Budget national. Alors que les attentes sont nombreuses et pressentes. Que va donc faire Roch?

L’une des solutions consiste à négocier ouvertement et sincèrement avec les syndicats. Tout en prenant le soin d’expliquer au peuple la nécessité pour chacun de contribuer à sauver la nation. Pour ce faire le président Kaboré doit une fois de plus s’adresser à son peuple. Qui peut bien l’écouter et le comprendre. Il n’est pas mauvais d’essayer.

Dabaoué Audrianne KANI

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