Journée des droits de la femme, il faut savoir ce que l’on veut

10/03/2020
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Il faut le dire tout de suite. Le 8-Mars, journée internationale des droits de la femme n’est pas «une journée de la femme, encore moins une journée pour fêter la femme. C’est même péjoratif que croire qu’il en est ainsi: on magnifie simplement la femme en faisant confectionné un pagne de 8-Mars, un thème lié uniquement à l’actualité «politique» sur lequel on demande aux femmes (qui souvent ne le comprennent même pas) de réfléchir, on rencontre les plus hautes autorités, on fait des doléances qui ne sont pas souvent des priorités, et on retourne à la maison.

La Journée internationale des droits de la femme doit être repensée et adaptée à notre contexte africain, précisément burkinabè pour ce qui nous concerne. En tout cas si on veut que cette Journée ait un impact véritable sur l’émancipation et l’implication de la femme dans le processus de production des richesses nationales. La Journée internationale des droits de la femme n’est pas une exigence d’égalité mathématique entre l’homme et la femme. C’est une grosse erreur, qu’on commet chaque année. Car, quand les femmes auront occupé tout le terrain, on exigera aussi les droits de l’homme.

Les femmes ont demandé l’accès à la terre parce qu’elles veulent produire. Ce qui est une évidence. Malheureusement, dans la plupart de nos communautés burkinabè, la femme n’a pas de terre. Elle produit toujours aux côtés de l’homme. Car, la terre appartient à une famille. Demander qu’on lui donne la terre, dans bien de communautés, c’est transgresser un interdit. N’est-ce pas pour cela que cette doléance revient toujours dans les débats? Même l’Etat est conscient qu’une femme ne peut être, coutumièrement, propriétaire de terre.

Les femmes ont exigé la construction et/ou la réfection de maisons de la femme avec tout ce qu’il est possible d’y ajouter comme autres constructions et équipements. Si cette question a toujours été posée au cours des rencontres, c’est parce que certainement les maisons de la femme ont été mal pensées dans leur conception. Pour mieux le savoir, il faut se poser la question de savoir ce que sont devenues les maisons des jeunes. Tant que ces maisons seront construites uniquement pour servir de lieu de rencontres sans qu’elles soient rentables financièrement, elles ne seront pas viables.

La Journée internationale des droits de la femme ne doit pas servir pour assouvir des ambitions politiques. Autrement dit, tant qu’elle sera organisée par les moyens et les acteurs des pouvoirs en place, elles ne porteront jamais les fruits escomptés. On réunira toujours les femmes autour d’objectifs plus ou moins électoraux faisant d’elle ce bétail électoral que les partis au pouvoir constitueront pour remporter les élections. C’est ce qui a toujours été fait depuis que le Burkina Faso a adopté la célébration de la Journée internationale des droits de la femme sous la Révolution. Quand bien même que, à cette période, l’engagement de faire de la femme une vraie productrice était plus affiché. A nous de savoir ce que l’on veut.

Dénis Dafranius SANOU

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