Pourvu que les grèves respectent la loi et les militants disciplinés

10/03/2020
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Avant même que la première manifestation (la marche du 7 mars) des organisations syndicales suite à l’application de l’IUTS n’entre en vigueur, les militants des mêmes syndicats avaient débuté le sabotage de certains services dans l’administration. Soit sur mot d’ordre de leur syndicat sectoriel, soit de façon unilatérale pour ne pas dire délibérée. Dans certains milieux syndicaux, ils appellent ça «mouvement d’humeur». Le «mouvement d’humeur», qui consiste à ralentir le service dans l’administration, fait-il partie des modes de revendications? Quand on ne veut pas travailler pour des raisons diverses, on le dit clairement et ne vient pas au travail. Mais, saboter le travail ou les installations techniques est passible de sanction. Sur la question, l’administration doit se donner tous les moyens de garantir le bon fonctionnement du matériel technique qui n’appartient ni au grévistes ni au non-grévistes.

En outre, le droit de grève est reconnu par la Constitution. La même Constitution autorise ceux qui ne veulent pas aller en grève, de continuer à travailler. Autrement dit, aucun agent pour quelle que raison que ce soit, n’a le droit de contraindre son collègue à observer un mot d’ordre de grève. Aussi, l’administration a le devoir de garantir, par tous les moyens, la sécurité de tous ceux qui auront délibérément choisi de ne pas aller en grève.

Quand on va en grève, la loi prévoit aussi des retenus sur salaire proportionnellement au nombre d’heures, de jours ou de mois de grève. C’est dire que lorsqu’on va en grève, c’est en connaissance de cause. Aussi, la retenue sur salaire pour cause de grève ne peut en aucun cas constituer plus tard un point dans une plate-forme revendicative.

Par ailleurs, tout cela ne doit pas non plus être un droit à l’administration de fouler aux pieds les règles élémentaires ou les droits des travailleurs à revendiquer. Si tel devait être le cas, les syndicats pourront user de moyens illégaux pour faire valoir leurs droits. Mais cela ne veut pas dire pour les grévistes par exemple d’utiliser par exemple des enfants qui n’ont rien à voir dans l’application de la mesure portant IUTS sur les salaires des fonctionnaires. Au contraire, des enfants (élèves notamment) ne sont-ils pas des victimes innocentes de tels mouvements sociaux?

Il est impératif pour les deux camps, de respecter les lois en matière de manifestations sur la voie publique et en matière d’observation de mot d’ordre de grève. Ce sont les premiers éléments fondamentaux des mouvements sociaux. Parce que, ce qui est sûr, ces mouvements qui ont déjà débuté dès l’annonce de la mesure trouveront leur solution dans le dialogue. Si on n’a pas pu débuter par celui-ci (le dialogue) que les uns et les autres se mettent dès à présent à l’idée que c’est autour d’une table de négociations qu’ils négocieront les conditions de sortie de crise. Au cas contraire, l’un ou l’autre camp n’aura gagné. Car, les Burkinabè, dans leur ensemble, y compris ceux qui observent la grève et manifestations auront voulu d’autres solutions. Allons donc à l’essentiel!

Dabaoué Audrianne KANI

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