Coronavirus, attaques terroristes, tous les ingrédients sont réunis

11/03/2020
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Le Burkina Faso se porte mal. Ce n’est pas être pessimiste de le dire. Il n’y a que ceux qui ne veulent voir qui ne le voient pas. En plus des attaques terroristes dont ils sont l’objet depuis 2015, les Burkinabè constituent un danger pour eux-mêmes. Autrement, tout porte à croire que les attaques terroristes ont constitué une occasion pour eux de se régler les comptes entre eux. C’est ainsi qu’il n’est pas exagéré de dire que les Koglwéogos constituent une véritable menace pour la paix et la cohésion sociale. Malheureusement, le gouvernement feigne de l’ignorer alors que les faits sont là. Et fait apparemment peu de chose pour trouver une solution à cette question qu’il estime certainement assez délicate.

En effet, à lire le communiqué du ministre de la Communication, Porte-parole du gouvernement, on se rend à l’évidence que les 43 personnes tuées ne sont pas du fait d’attaques de terroristes venus d’ailleurs. Ces personnes tuées l’ont été par des personnes bien identifiées. Sinon, que va faire le procureur du Faso dans cette affaire? Ce n’est pas la première fois que des attaques terroristes ont fait des morts au Burkina.

Aussi, le procureur du Faso qui s’y est rendu doit ouvrir très rapidement une enquête et situer les responsabilités. S’il est avéré que des Koglwéogos sont impliqués dans ces tueries, alors qu’ils soient poursuivis et punis à la hauteur du crime commis. Cette complaisance de l’Etat ne peut continuer quand on sait le risque de guerre civile que court le pays avec de tels comportements. On a encore en mémoire les tueries de Yirgou pour lesquelles, aucune condamnation n’a eu lieu. Mieux, un chef Kolgwéogo qui avait été inculpé, arrêté et incarcéré a vite été libéré après des manifestations réclamant sa libération.

Comme si tout ceci ne suffisait pas, le Coronavirus s’est invité pour accentuer le mal burkinabè. Deux cas, ont été détectés depuis dimanche. Ce qu’il faut craindre, c’est la propagation de la maladie. Malheureusement, connaissant l’indiscipline et l’incivisme du Burkinabè, il faut s’attendre à ce que certains ne prennent aucune mesure pour se protéger. C’est tout simplement dommage!

En plus du Coronavirus, des attaques véritablement terroristes, des risques d’affrontement entre communautés, le climat social n’est pas serein. La mobilisation des organisations syndicales le 7 mars dernier et leur détermination pour la suppression de l’IUTS sur leurs primes et indemnités sont des signes de manifestations qui pourraient affecter durablement le climat social. En tout cas, tant que le gouvernement ne reviendra pas sur sa décision, il est clair que les organisations syndicales maintiendront elles aussi leurs positions. Ce qui présage rien de bon pour le pays.

Et pourtant, le Burkina Faso a besoin de sérénité pour faire face à tous ces défis. Et celle passe par une certaine assurance qui doit nécessairement venir d’en haut. Le président Roch Marc Christian Kaboré doit rassurer les Burkinabè que le gouvernail est bien tenu. Ils en ont besoin, rien que pour le moral.

Dabaoué Audrianne KANI

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