Les Burkinabè sont-ils conscients du péril qui les guette?

12/03/2020
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Quand on voit sur les réseaux sociaux une sorte de communiqué indiquant que le ministre de l’Education nationale a requis la fermeture des salles de classe suite à l’apparition du Coronavirus au Burkina Faso alors que c’est une intoxication, on se dit que ce pays-là est foutu. En outre, quand on voit la polémique sur les mêmes réseaux sur les 43 cadavres des tueries de Barga dans le Nord, on se demande si réellement les Burkinabè sont conscients du péril qui les guette. Comment peut-on, dans un contexte aussi douloureux où la sagesse, la compassion, la tolérance et le recueillement doivent l’emporter sur toute autre considération, s’adonner à une polémique aussi stérile. A la limite, au lieu de travailler à éteindre le feu qui risque de nous brûler tous, d’autres l’attisent. En pensant qu’il les épargnera.

En effet, la situation actuelle dans laquelle se trouve le Burkina Faso est si préoccupante que personne ne doit s’en réjouir. Parce que, de dividendes, personne n’en tirera.

Les enjeux sont très importants. Il s’agit dans un premier temps de sauver le pays. Car, dans son intégrité, le Burkina Faso est menacé. Des zones entières ne sont plus habitées. Les populations ont fui les attaques terroristes qui ne cessent de prendre de l’ampleur. Malheureusement, tous les efforts qui sont entrepris depuis la première attaque en 2015, semblent insuffisants. On a même l’impression que les pouvoirs publics sont dépassés par les événements auxquels ils ne savent plus quelle solution trouver.

Indiscutablement, cette situation malheureuse a des répercussions sur les activités économiques du pays. C’est peu de dire que l’économie du Burkina Faso, dans son ensemble, souffre du terrorisme. Il n’y a qu’à considérer la rareté des touristes extérieurs pour se convaincre de la réalité. Et quand le tourisme va mal, c’est l’hôtellerie, la restauration, le transport, l’artisanat, la culture dans son ensemble, qui en pâtissent.

C’est dans un contexte aussi grave et plein d’incertitudes qu’il se trouve des Burkinabè qui donnent l’impression de se satisfaire de ce qui arrive à leur pays. On peut certes accuser le pouvoir d’incapacité à faire face à la situation. Mais, pendant que nous y sommes, qu’est-ce que chacun de nous fait-il individuellement et collectivement pour que nous sortions victorieux de cet engrenage?

Les considérations politiciennes, partisanes ou non, les égos et autres prises de positions hasardeuses doivent être mis de côté afin que nous prenions la mesure effective de la situation à laquelle nous faisons face. Il n’est pas évident que si Roch Marc Christian Kaboré et ses camarades quittent le pouvoir, la situation soit meilleure. Dans une telle posture, les hommes politiques devraient plutôt se coaliser et faire front. A voir de près, c’est de leur capacité à assurer la sécurité et le progrès aux Burkinabè qu’il s’agit. Roch fait ce qu’il peut avec les moyens dont il dispose. D’autres viendront après lui. Mais, avant tout cela, il faut que le Burkina Faso demeure.

Dabaoué Audrianne KANI

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