Coronavirus, il faut nous confiner s’il le faut

19/03/2020
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Tout le monde est paniqué, y compris le gouvernement. S’il y a une situation que le gouvernement burkinabè redoute, c’est bien la propagation du Coronavirus. Lui qui a déjà suffisamment à faire ne voudrait pas du tout avoir cette autre crise à gérer. C’est certainement pour ces raisons qu’il évite, par tous les moyens, de paniquer les Burkinabè. Malheureusement, on se rend compte que lui-même donne des signes de panique. C’est le cas par exemple avec cette affaire de trois Chinois présentant des signes de Coronavirus à bord d’un avion d’Ethiopian Airlines, dont les analyses se sont finalement révélées négatives. Alors qu’il suffisait de garder son sang froid pour, justement, ne pas paniquer davantage les populations.

La gestion d’une crise sanitaire, comme celle du Coronavirus, recommande de la pondération, une certaine analyse froide de la situation afin de prendre les mesures les plus appropriées et consensuelles possibles. A l’analyse, les premières mesures prises par le gouvernement n’ont pas rassuré les Burkinabè dont certains ont parlé de mesures sélectives. S’il avait peur de heurter des sensibilités, le gouvernement a décidé de fermer des lieux qu’on pourrait qualifier de réjouissance comme si c’est seulement là-bas qu’on peut contracter le Coronavirus. Du coup, les Burkinabè ont tout de suite dit que si le Coronavirus était si grave et redoutable, ces mesures auraient été étendues à d’autres regroupements aussi importants que dans les écoles, les universités, les centres de formations, les boîtes de nuit et les spectacles.

En outre, le gouvernement demande aux Burkinabè de se laver régulièrement les mains avec du savon et d’utiliser du gel hydro-alcoolique. Si le savon est disponible partout, ce n’est pas le cas du gel. Qu’est-ce qui a été fait pour que les Burkinabè puissent s’en procurerfacilement ? Aucune mesure de production à grande échelle n’a apparemment été prise. Pire, les quelques quantités qui existaient dans des stocks ont été achetées par des revendeurs véreux qui les mettent sur le marché à des prix inaccessibles à tous. Et le gouvernement ne dit rien.

Du reste, les Burkinabè n’ont pas senti (comme dans d’autres pays où le virus est présent ou même pas encore) cette volonté manifeste et résolue d’associer toutes les couches socioprofessionnelles à la lutte contre la maladie. Le Burkina Faso ne se résume pas à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. Quelles précautions ont-elles été prises pour les populations aux frontières en cas de présence du virus dans ces endroits? Et celles dans les villages et hameaux de culturequi sont aussi exposées au même titre que celles des grandes villes? La preuve en est que le virus est arrivé à Houndé. Il ne faut donc pas s’étonner que ce soit sur les réseaux sociaux que les gens vont chercher des informations de protection qui sont souvent fausses. Finalement, c’est l’opposition politique qui fait des propositions à la place du gouvernement qui devait être au devant de la lutte. C’est bien dommage!

Dabaoué Audrianne KANI

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