Coronavirus, «se réveiller» et se «préparer dès aujourd’hui au pire»

20/03/2020
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«Le meilleur conseil pour l’Afrique est de se préparer au pire et se préparer dès aujourd’hui». A conseillé mercredi le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Tedros Adhanom Ghebreyesus. A-t-il été entendu? Sera-t-il entendu? C’est certainement le souhait de tous ceux qui prennent au sérieux la maladie de Coronavirus. Malheureusement, en Afrique on prend très souvent peu au sérieux les questions les plus importantes. La preuve en est que, depuis l’apparition de la maladie en Chine, beaucoup de gouvernements africains pensaient que ça n’arrive qu’aux Chinois et aux autres. Si bien que très peu d’entre eux, pour ne pas dire aucun, n’ont pris des mesures pour prévenir au cas où la maladie arriverait dans son pays. On a tout simplement attendu que le mal soit dans la maison pour prendre des mesurettes dans l’espoir que le mal disparaîtra tout seul. La preuve en est encore que malgré la présence de la maladie sur leurs sols, malgré le nombre de malades qui augmente pratiquement tous les jours, malgré le premier mort par exemple au Burkina Faso, on refuse de prendre des mesures coercitives pour contraindre les populations à se protéger et à limiter la propagation de la maladie. Pire que cela, il se trouve des gens pour dire que les pays africains n’ont pas les moyens pour faire face à un confinement.

L’Organisation mondiale de la santé a prévenu. On aurait souhaité que ces inquiétudes ne se réalisent pas. Malheureusement, les Africains ne donnent pas l’impression de prendre au sérieux la menace qui pèse sur eux. Les pays qui, généralement, soutiennent l’Afrique dans les épreuves difficiles sont ceux-là qui sont en proie à la même maladie. Et qui, contre toute attente, n’arrivent pas à lui trouver des solutions.

L’Afrique doit donc se réveiller. Parce que, si jusque-là, la maladie était détectée chez des personnes venues de l’extérieur, depuis quelques jours, des cas de contaminations internes sont apparus. Ce qui montre que les mesures prises ne sont certainement pas suffisantes pour freiner la propagation de la maladie. D’où le pire auquel il faut se préparer, et ce, «dès aujourd’hui».

Le premier cas de décès enregistré au Burkina Faso peut aussi être la preuve que la prise en charge, comme cela se passe dans d’autres pays, n’est pas suffisante pour éviter des morts. Autrement dit, même si le mal se soigne et qu’on peut en guérir définitivement, il ne faut pas perdre de vue qu’il tue. Il est évident qu’il faut éviter, autant que faire se peut, la panique. Mais cela ne veut nullement dire qu’il faut occulter la menace qui est de plus en plus forte. Des pays comme la France n’ont pas pris très tôt la mesure exacte de la menace. De même que l’Italie. Aujourd’hui, ils en sont à gérer difficilement les conséquences. Autant dire les choses par leur nom; quitte à ce qu’elles ne se réalisent pas.

Dabaoué Audrianne KANI



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