C’est notre comportement qui a commandé le confinement

25/03/2020
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«Il va sans dire que toutes les mesures prises feront l’objet d’une évaluation périodique, pour les ajuster constamment à l’évolution de la pandémie». Ainsi s’exprimait, si ce n’est une mise en garde sur le respect de ces mesures, le président Roch Marc Christian Kaboré alors qu’il prenait malgré lui des mesures pour contrer la maladie à Coronavirus au Burkina. «Je suis conscient des contraintes imposées par ces mesures, mais il faut nous y soumettre avec tout le sens des responsabilités, car il y va de la survie de nos populations», ajoutait Roch, le cœur serré.

Malheureusement, quelques cinq jours après ces mesures fortes, le président du Faso qui a dû avoir le cœur encore plus serré. Car, le nombre de cas dépistés positifs croît de jour en jour. Tout simplement, parce que malgré l’urgence et la gravité de la situation, des Burkinabè pensent consciemment ou non, que le Coronavirus ne les concerne pas. Aussi, font-ils fi de certaines de ces mesures aussi simples. Comme il le disait donc, c’est la situation qui a commandé la manœuvre. Telle qu’elle se présente, Roch Marc Christian Kaboré a été obligé de prendre d’autres mesures certainement plus contraignantes. C’est le cas par exemple de la fermeture des grands marchés et yaars dans la région du Centre à partir d’aujourd’hui 25 mars. On espère ainsi que le message sera passé. De même que le confinement de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Personne ne sort, personne ne rentre.

Dans son rapport quotidien, le Centre des opérations de réponse aux urgences sanitaires (CORUS) avait, sur la situation de COVID-19 à la date du 22 mars, recommandé le «confinement total de Ouaga et de Bobo à compter de ce jour» (ndlr: le 22 mars). C’est dire donc que c’est parce que les Burkinabè ne comprennent pas le langage des mesures prises, l’autorité a été obligée de passer à la vitesse supérieure qui a consisté à confiner effectivement Ouagadougou et Bobo-Dioulasso. Avec tout ce que cela comporte comme conséquences.

Le confinement actuel coupe Ouagadougou et Bobo-Dioulasso du reste du Burkina. Si ça ne suffit pas, ce sera le confinement à domicile. Chacun reste chez soi. Pendant un temps qui sera déterminé. Quand on connaît la précarité dans laquelle vit la majorité des Burkinabè, un confinement (même de deux jours) ne sera pas du tout une partie de plaisir. Malheureusement, les Burkinabè ne l’ont pas compris en refusant de respecter toutes les mesures de protection et de prévention de la maladie. Les grandes foules qu’il a été donné de constater dans les maquis et bars le week-end dernier frisent l’irresponsabilité. Et ce d’autant plus que ce sont des personnes sensées faire de la sensibilisation qui s’y trouvaient. Comme si ces personnes ne sont pas concernées par le Coronavirus ou aient tout simplement choisi d’être des vecteurs.

Face à cette maladie aux conséquences dévastatrices (sur tous les plans), le pouvoir ne doit pas faire dans la demi-mesure. Tous ceux qui contreviennent aux mesures de bonnes pratiques d’hygiène doivent être ramenés à la raison, de gré ou de force. Conformément à la loi.

Dabaoué Audrianne KANI



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