Le problème, c’est nous et non les Forces de défense et de sécurité

26/03/2020
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A peine Remis Fulgance Djandjinou a-t-il dit qu’il apporte son soutien aux Forces de défense et de sécurité qui sont accusées de tortures contre ceux qui ne respectent pas le couvre-feu, des Burkinabè se sont rués dans les brancards pour lui crier dessus et manifester leur mécontentement. Faisant ainsi suite à la déclaration du Procureur du Faso qui a mis en garde les mêmes forces de défense et de sécurité contre toute torture de personne prise dans le cadre de ce couvre-feu. Une polémique stérile qui vient une fois de plus faire perdre aux Burkinabè le sens des vraies préoccupations. La vraie préoccupation du moment, c’est comment devons-nous faire pour mettre fin au Coronavirus qui nous menace dangereusement. Si les Burkinabè étaient disciplinés, le président n’aurait pas eu recours à un couvre-feu. Si malgré tout, il se trouve des gens pour le violer tout en sachant que leur comportement est contraire à la loi, il faut que celle-ci s’applique à eux. Aussi, avons-nous envie de dire aux Forces de défense et de sécurité, de remettre systématiquement tout individu qu’elles auront pris au-delà des heures du couvre-feu au Procureur du Faso pour toute fin utile. Il saura certainement ce qu’il faut en faire.

Si des Burkinabè trouvent le moyen de ne pas respecter le couvre-feu, ou même le plaisir de défier les Forces de défense et de sécurité malgré la gravité de la situation, il y a matière à réflexion. Et c’est là qu’il faut poser le débat. Quand on dit de restaurer l’autorité de l’Etat, on ne pose pas la question de savoir ce que nous avons fait, individuellement et collectivement pour que cette autorité soit affaiblie. Si on doit restaurer l’autorité de l’Etat, cela suppose que chacun de nous doit commencer à respecter l’Etat. Autrement dit, tant qu’on va parler des droits sans dire et insister que chacun de nous a des devoirs, on n’aura toujours mal posé le problème. La question de la maladie à Coronavirus est si grave et sérieuse qu’on ne devrait pas la mettre de côté pour s’occuper de ce qui n’est pas essentiel. A chacun ses risques et périls.

Si on le remarque bien, les mesures que prend le gouvernement sont graduelles et tiennent compte de l’évolution de la maladie. Si dans les jours à venir, les Burkinabè adoptent les bonnes pratiques qui doivent permettre de contenir la maladie et l’endiguer, le gouvernement n’aura pas d’autre choix que de lever le couvre-feu et toutes les autres mesures contraignantes qu’il a dû prendre malgré lui. Le problème ce n’est donc pas le gouvernement; ce ne sont pas non plus les Forces de défense et de sécurité qui ont d’ailleurs besoin du soutien de tous pour réussir leurs missions. Il faut éviter de jeter le bébé avec l’eau du bain.

Nos Forces de défense et de sécurité ne manquent pas tant de professionnalisme pour torturer autant des Burkinabè. Pendant que nous y sommes, que devraient-elles faire quand, en plus d’avoir violé le couvre-feu, des jeunes leur jettent des pierres dessus?

Dabaoué Audrianne KANI

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