Gouvernement et syndicats, on vous avait prévenus

02/04/2020
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La grande majorité des observateurs avisés avaient soutenu que si l’application de l’IUTS sur les indemnités et primes des travailleurs du public et du parapublic était légale, elle n’était pas opportune au regard du contexte difficile dans lequel on se trouve. Mieux, un bras-de-fer entre gouvernement et partenaires sociaux auquel les politiciens allaient se joindre, pour défendre une position ou une autre, n’était pas non plus une bonne chose pour le pays. Malheureusement, ni le gouvernement, ni les syndicats n’ont écouté. Chacun est resté sur ses positions. Le gouvernement a appliqué son impôt avec effet rétroactif prenant en compte le mois de janvier. Les syndicats, eux, sont allés en grève même si leur mouvement a été quelque peu modifié du fait de la déclaration de la maladie à Coronavirus au pays. Au sortir de cette grève que les syndicats ont estimée bien suivie, le gouvernement n’a pas jugé nécessaire de l’apprécier outre mesure. Il a tout simplement, a soutenu le Porte-parole du gouvernement, appliqué les textes en opérant des coupures sur les salaires des grévistes et en suspendant ceux de ceux qu’il estime qu’ils n’ont pas travaillé. Créant ainsi un autre problème dans le problème. Exactement comme le disait un homme politique français, Charles Pasqua pour ne pas le citer: «en politique, face à un problème dont on n’a pas la solution, on crée un problème dans le problème, et ainsi de suite». Du coup, les syndicats qui comptent poursuivre leur mouvement doivent devoir régler d’abord le problème des coupures et des suspensions des salaires de leurs membres avant d’envisager la lutte.

Tout ceci n’est pas un bon signe pour un pays qui fait face à la fois à plusieurs difficultés. Alors que l’expérience montre que dans tous les pays où sévit le Coronavirus, tous les acteurs ont su mettre de côté les problèmes qui les opposaient pour faire face, ensemble et de façon déterminée, à cette maladie. Malheureusement, chez nous, ce n’est pas le cas.

Les Burkinabè ne soutiendront, dans le contexte actuel, des mouvements sociaux, quelque soient les raisons. Parce que, ce qui les assaille, semble indiscutablement plus préoccupant que toute autre chose. Ils ne seront pas non plus nombreux à cautionner des coupures ou des suspensions de salaires de fonctionnaires dans le même contexteoù ceux-ci et leurs familles en ont le plus besoin.

Les Burkinabè ont actuellement le plus besoin de taire toute polémique d’où qu’elle peut provenir pour se concentrer sur la lutte contre la maladie à Coronavirus. C’est pourquoi, on a envie de dire au gouvernement et aux syndicats d’éviter de distraire les Burkinabè, car il y a plus urgent que leur IUTS. Indéniablement, la situation actuelle due à la pandémie de Coronavirus interroge tellement les Burkinabè sur leur avenir et celui de leur pays qu’ils n’ont pas d’yeux et d’oreilles pour des polémiques et des antagonismes inutiles. Autrement, le gouvernement et les syndicats pourront reprendre leur bras-de-fer s’ils le veulent, une fois qu’on aura fini avec Coronavirus. Pour l’instant, les Burkinabè ont d’autres chats à fouetter.

Dabaoué Audrianne KANI



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