Roch peut-il satisfaire tout le monde individuellement?

06/04/2020
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Les Burkinabè voulaient que le président Roch Marc Christian Kaboré parle. Il a parlé. Ils voulaient qu’il prenne des mesures d’accompagnement après les mesures restrictives qu’il a prises pour stopper la propagation de la maladie à Coronavirus. Il les a prises. Puis, ils sont passés à autre chose: les mesures prises ne concernent pas ou du moins ne touchent pas tous les Burkinabè. Surtout certains secteurs d’activités comme ceux qui vivent de la vente de produits pendant la nuit que le couvre-feu a contraints à arrêter leurs activités. De même, on évoque les Burkinabè des campagnes et de certaines zones périphériques qui ne sont concernés ni par la réduction sur les factures d’électricité et d’eau. Bref, les récriminations sont nombreuses. Mais, la question qu’on ne se pose pas, est celle de savoir si dans son message ou du moins les mesures d’accompagnement prises par Roch Marc Christian Kaboré et son gouvernement pouvaient toucher les Burkinabè, pris individuellement.

Comme à son habitude, et comme cela se doit certainement, Roch Marc Christian Kaboré a pris des mesures globales. On dira encore que tout le monde n’a pas un engin à moteur. Mais la diminution du prix de l’essence, du gas-oil et du pétrole touche tout le monde, y compris les Burkinabè des campagnes et des zones périphériques. Qui, eux ne sont pas forcément concernés par certaines mesures restrictives. Du reste, autant l’application de l’IUTS sur les impôts et primes des travailleurs du public et du parapublic touche presque tout le monde au motif qu’un fonctionnaire burkinabè nourrit de nombreuses personnes, autant la diminution du prix du carburant ou des frais des factures d’eau et d’électricité touche indirectement de nombreux Burkinabè.

Là où il y a problème, ce sont surtout ces nombreux commerçants, commerçantes, vendeurs ambulants et débrouillards des soirs qui visiblement manqueront de quoi se nourrir et se prendre en charge. Les mesures d’accompagnement par des vivres à travers leurs faîtières ne sont pas une solution durablement. Quel soutien, aussi important soit-il, peut-on apporter à quelqu’un pour qu’il nourrisse sa famille et se prendre en charge sur tous les plans pendant deux ou trois mois? Ce qui pourrait être envisagé, c’est que si dans les jours à venir le taux de contamination de la maladie se réduisait, qu’on recule l’heure de 19 heures du couvre-feu afin de permettre aux petits commerces du soir de faire leurs affaires. En outre, on pourrait dans la même dynamique, envisager la réouverture des marchés et yaars. Quitte à y instaurer des mesures draconiennes d’hygiène, de prévention et de protection des commerçants et des clients. Parce qu’il est évident que de nombreux Burkinabè ne peuvent pas rester pendant plus de deux semaines sans activités. Ce qui est important, ce n’est pas seulement la période d’inactivité, mais c’est la relance.

Dans tous les cas, nous sommes dans le système Roch, fait en pyramide. Il faut certainement attendre qu’on explique davantage afin que nous puissions mieux comprendre. Malheureusement, c’est ça qui crée les incompréhensions.

Dabaoué Audrianne KANI

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