Quand l’administration est sur les réseaux sociaux, ça donne çà

08/05/2020
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Les activistes n’ont pas manqué de tirer à boulets rouges sur le gouvernement (l’administration de façon générale) après les bourdes, bavures, dérapages, laxismes ou erreurs malencontreuses (c’est selon les mots de chacun) qui ont été constatés dans le décret signé du Premier ministre, mais qui portait le cachet du président du Faso. Le lendemain (c’est-à-dire mercredi 6 mai), c’est un autre courrier de l’Office national d’identification (ONI) qui se retrouve sur les réseaux sociaux avec une date comportant deux mois (6 mai-mars).

On aurait voulu bien et pardonner «ces erreurs malencontreuses» si ces deux cas n’étaient venus s’ajouter à d’autres et poser un réel problème: celui de l’administration sur les réseaux sociaux et le penchant parfois très exagéré de nos dirigeants pour ces mêmes réseaux sociaux au détriment des canaux conventuels de communication et de transmissions des messages administratifs. L’un des premiers principes de l’administration, c’est la confidentialité. Alors que lorsqu’on se retrouve sur les réseaux sociaux, il n’existe plus de confidentialité. Aussi, des courriers parfois estampillés du sceau «Confidentialité» se retrouvent sur les réseaux sociaux. Des courriers se retrouvent sur les réseaux sociaux avant qu’ils ne parviennent à leur destinataire. Revenant aux deux derniers décrets (du Premier ministre et du Président du Faso), ils étaient sur les réseaux sociaux avant d’être rendus publics sur la télévision nationale. Canal officiel d’information du gouvernement. Qu’est-ce que les Burkinabè doivent-ils alors comprendre?

La République est sur les réseaux sociaux. Le pays est gouverné ou géré par et à partir des réseaux sociaux. Sur lesquels, tout le monde peut avoir sa page (son journal), vomir sa haine, faire des publications comme bon lui semble, critiquer ou insulter qui il veut et comme il veut; et parfois induire consciemment en erreur. Le comble, une fois de plus, c’est lorsqu’au plus haut sommet de l’Etat et de l’Administration, on a tendance à croire que le meilleur canal de communication et de sensibilisation, ce sont les réseaux sociaux. Mieux, on crée des comptes à longueur de journée, on forme des groupes de «répondants», prêts à louer et à acclamer ses décisions et à détruire celles de l’adversaire. C’est ce que certains ont appelé «boxer en-dessous de la ceinture».

Evidemment, dans certains pays (et même au Burkina Faso), les réseaux sociaux ont aidé et servi à conquérir le pouvoir; ils ont servi à sensibiliser des peuples sur des questions justes; mais ils ont aussi servi à détruire des causes justes car mal exploités. Au Burkina Faso, malheureusement, on a l’impression que nous sommes dans cette phase de la mauvaise utilisation des réseaux sociaux. On aurait compris que cela se limite au niveau des populations. Mais qu’au plus haut niveau de l’Etat, on s’en serve mal, il y a un risque qu’il faut éviter de courir. Autant on peut conquérir le pouvoir par les réseaux sociaux, autant on peut le perdre facilement à travers les mêmes réseaux sociaux. Sur lesquels il n’y a que quelques individus qui pompent l’air à des milliers d’autres.

Dabaoué Audrianne KANI



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