Riposte au Covid-19, le gouvernement donne raison aux plaignants

13/05/2020
00:00

Le gouvernement a dissout le Centre opérationnel de réponse aux urgences sanitaires (CORUS) qui existait bien avant l’apparition de la maladie à Coronavirus et l’a remplacé par le Comité national de gestion de la crise de la pandémie-Covid-19 (CNGCP-Covid-19) doté lui d’un Secrétariat exécutif qui compte en son sein trois colonels-majors. A noter que le CNGCP-Covid-19 est désormais placé sous la présidence effective du Premier ministre lui-même. Il a entre autres missions, de proposer au Premier ministre des actions d’amélioration de la réponse à la crise. Il dispose de démembrements que sont les comités sectoriels issus des ministères directement impliqués dans la réponse à la maladie. Il peut même s’élargir à travers des comités régionaux.

Par cette refondation, le Premier ministre veut reprendre sérieusement les choses en mains et coordonner efficacement les actions de lutte contre la maladie à Coronavirus. Ce qui est la preuve que les critiques formulées en son temps contre le CORUS et la manière dont il gérait la riposte à la maladie n’étaient pas infondées. Aussi, faut-il se féliciter de cette décision, qui ne consiste pas à tout remettre à plat, mais à corriger les insuffisances observées dès le début de la crise sanitaire afin de réussir la suite. Compris de cette manière, les acteurs du premier ou des premiers plans de réponse ne doivent pas s’offusquer outre mesure. Il est évident que la peur et l’inquiétude s’étaient tellement emparées de tout le monde, eux y compris, que les erreurs étaient inévitables. Seulement, ce qui ne plaide pas en leur faveur, c’est parfois la légèreté avec laquelle ils ont géré certaines questions délicates. Une crise sanitaire ne se gère pas de la même manière qu’une crise politique. Les acteurs et les conséquences sont loin d’êtres les mêmes.

Si on peut dire que la peur liée à la présence de la maladie est en train de se dissiper avec le recul de celle-ci, on doit aussi noter avec insistance que le plus dure reste à venir. Car, la maladie à Coronavirus a eu beaucoup de répercussions sur les plans social, économique, culturel et même politique. Autrement, elle est venue chambouler toutes les habitudes connues jusque-là. L’économie, principalement, a pris un coup tellement fort que le risque de tension de trésorerie sur le plan national, n’est pas à écarter. Sur le plan social, elle a porté un coup dur à la production nationale si bien que les Burkinabè, qui n’avaient déjà pas assez à manger, doivent faire face à une crise alimentaire plus sévère.

Aussi, le nouveau Comité et son Secrétariat exécutif doivent apporter rapidement les réponses justes aux préoccupations qui sont posées. Mais, en attendant, les Burkinabè doivent avoir à l’esprit qu’autant ils sont les premiers concernés par la maladie et ses conséquences, autant ils seront les premiers à imaginer, individuellement ou collectivement, les premières actions de réponse à la maladie et à ses conséquences. Comme cela a d’ailleurs toujours été le cas. Le gouvernement à lui seul, ne peut absolument rien.

Dabaoué Audrianne KANI



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