Election présidentielle 2020 : Il y aura vide constitutionnel s’il n’y a pas de vote du président

15/05/2020
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Avec la crise sécuritaire à laquelle s’est ajoutée, la crise sanitaire due au COVID-19, on peut s’interroger sur la tenue du calendrier électoral. Il faut donc vite trouver des solutions palliatives pour ne pas faire face à un vide constitutionnel, si au soir du 22 novembre 2020, il n’y a pas d’élection présidentielle. Il est nécessaire que notre pays se prépare à ces cas de figure, pour ne pas être surpris.

 

Si avec les crises qui s’enchainent dans notre pays, en cas de force majeure, on n'arrive pas à tenir les élections, certains pensent qu’il faudra aller directement à un gouvernement d'union nationale. Or, il est encore plus difficile de faire un gouvernement d'union nationale si on n’arrive pas à aller aux élections. Un gouvernement d’union nationale signifie qu'on a une personnalité à laquelle tout le monde obéit, c'est le chef de l’État. Dès lors qu'il n'y a plus élection, Roch Marc Christian Kaboré ne sera plus président du Faso. Juridiquement, il ne peut plus l'être. C'est le nœud gordien, s’il n'y a pas élection. Quelque soit ce qui va arriver, l’état actuel du pays nécessite un gouvernement d’union nationale. Même si on arrive à organiser les élections et que quelqu'un en sorte gagnant. Il n'a pas intérêt à continuer dans cette dynamique de gouvernance avec le pays divisé. Presque la moitié de l'élite est contre le gouvernement actuel, et il y a probablement, un bon tiers qui est pour le gouvernement actuel. Comment peut-on diriger le pays avec une telle base? Au cas où on n’arrive pas à organiser les élections, le président du Faso devrait anticiper. La seule solution serait d'introduire une révision constitutionnelle à l’Assemblée nationale avec l'accord des différents groupes politiques. Et de mettre une disposition dans la constitution en force majeure. En disant qu'en cas de force majeure, l’Assemblée nationale peut prendre l’initiative ou le gouvernement lui-même, de proposer un changement de la date des élections. Mais, le cas de force majeure doit être constaté par le Conseil constitutionnel. Dans ces conditions, il faudrait préciser le délai à ne pas dépasser, soit trois mois ou six mois. Dans cet intervalle, il est préférable de constituer un gouvernement d'union nationale. Et personne n’est favorisée parce qu’elle est au pouvoir.

Firmin OUATTARA



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