Les vérités du ministre Remis qui ont fait mal, et pourtant !

15/05/2020
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Tout le monde était prévenu. Si nous ne respectons pas les mesures de restriction afin de barrer définitivement la route à la maladie à Coronavirus, le gouvernement sera obligé de procéder à la fermeture de nouveau. En d’autres termes, si on ouvre les marchés, les mosquées, les églises, les bars, les restaurants et autres lieux de forts regroupements de personnes et que la maladie gagne du terrain, on referme tout simplement. En outre, il a été fortement conseillé à tous, entre autres, de porter le cache-nez, de laver régulièrement les mains à l’eau et au savon et de respecter la distanciation sociale. Des contrôles sont même prévus, afin que ces mesures soient respectées. Au lieu donc d’en vouloir au ministre pour avoir dit des choses qui avaient déjà été dites, chacun doit prendre ses responsabilités pour éviter que la maladie à Coronavirus ne passe par lui. Ou du moins qu’il ne soit pas un vecteur de contamination communautaire. Autrement dit, si la maladie à Coronavirus est détectée dans un lieu communautaire (touchons du bois), il va s’en dire qu’il faut fermer ce lieu-là. Qu’il soit une église, une mosquée, un temple ou une case de fétiches ! C’est quand on est en bonne santé qu’on va à l’église, à la mosquée ou au temple ! Tout le monde est heureux d’assister ou de constater les prières en groupe dans les mosquées. Mais, tout le monde doit être aussi unanime à reconnaître que beaucoup d’entre elles, les mesures barrières, ne sont pas du tout respectées. Alors que les uns et les autres avaient donné leur parole ! Que veut-on que le ministre dise d’autre si ce n’est refermer s’il y a contamination ?

On se rappelle comme hier que des gens sont sortis manifester et demander la réouverture des marchés et des mosquées. Que ces gens sortent également pour demander le respect des mesures-barrières à défaut de contraindre leurs camarades au respect des mesures de protection, s’ils ne veulent pas qu’on ferme à nouveau leurs lieux de travail ou de culte. Par contre, on se rappelle également que le clergé a décidé de ne rouvrir les églises tant que la situation n’est pas suffisamment maîtrisée. Malgré la réouverture autorisée par le gouvernement. Qui a manifesté pour demander la réouverture d’une église, d’un temple ou l’organisation d’une cérémonie coutumière ?

Il est évident qu’on ne peut pas fermer pendant longtemps là où des gens gagnent leur pain au quotidien. Mais, par contre, on peut bien fermer une église ou une mosquée aussi longtemps que possible. Puisqu’il est permis de prier partout. Les écritures n’enseignent-elles pas que Dieu est présent partout ? Quand un débat ne vaut pas la peine, il faut savoir le taire et aller à l’essentiel. Le Burkina Faso a beaucoup plus besoin d’aborder des questions qui lui permettent d’aller de l’avant, dans la cohésion, la solidarité et la fraternité. Et il revient aux intellectuels, eux semblent tout connaitre, de cultiver la paix, la tolérance. Tout en ayant à l’esprit qu’on ne peut construire une nation sur la division, la haine, la tromperie ou encore le mensonge.

Dabaoué Audrianne KANI



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