Covid-19 phase 2, la plus difficile

18/05/2020
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Beaucoup de Burkinabè croyaient qu’il suffisait de lever la quarantaine, de rouvrir les marchés, les mosquées et les églises, de ramener la durée du couvre-feu ou de rouvrir les maquis et les bars pour que tout reparte et redevienne comme avant. Erreur, car la phase 2, c’est-à-dire celle qui suit l’assouplissement de ces mesures restrictives est aussi, sinon plus difficile à vivre que la phase 1 qui a été celle de l’apparition de la maladie. Quand bien même les effets ne sont pas les mêmes.
En effet, après le pic de la maladie et son recul, il faut non seulement continuer à la prévenir en respectant les mesures-barrières, mais c’est aussi la période où il faut faire face à ses conséquences. Et c’est là que commence le plus difficile. Non seulement pour les individus, mais également pour les entreprises et même pour le gouvernement. Individuellement, chacun voulait que les mesures restrictives soient levées. Malheureusement, ils sont peu les Burkinabè qui acceptent de respecter les mesures-barrières. Rien que le port du masque, simple mesure de protection individuelle, n’est pas respecté. Même le simple lavage régulier des mains, qui est une mesure d’hygiène, est de moins en moins respecté. Ce qui constitue un véritable risque pour le retour de la maladie. Conduisant tout le monde à vivre la peur au ventre, car personne ne sait de quoi sera fait demain. Car, un retour de la maladie équivaut à un retour des mesures restrictives que tout le monde craint.
Pour certaines entreprises ou commerces, qu’ils aient été fermés ou non, c’est l’incertitude également. Pour celles qui ont été fermées et qui ont rouvert les portes, il faut trouver les moyens de poursuivre les activités. Alors que pendant la période de fermeture on a vécu sur les économies. Dans le domaine du transport en commun, la situation est encore plus difficile. Comment respecter la limitation du nombre de passagers dans les cars tout en assurant le trafic, alors que les charges restent les mêmes ? Bobo - Ouaga, c’est toujours la même distance ; donc la même consommation en carburant et autres combustibles. Le personnel à bord reste le même. Le montant encaissé pour transporter une quarantaine de passagers suffit-il à supporter les charges incompressibles ? Certainement que non ! S’il faut donc poursuivre le trafic, il va falloir qu’à quelque part, quelqu’un paie le manque à gagner ? Soit c’est l’Etat qui paie, soit les compagnies de transport seront obligées d’augmenter le prix du ticket de transport.
Les recettes de l’Etat et des collectivités connaissent une baisse drastique. Il faut même craindre des tensions de trésorerie, avait prévenu le président Roch Marc Christian Kaboré. C’est dire que les gouvernements ne seront pas en mesure d’assurer toutes les conditions de vie pour tous. Alors que les préoccupations des populations seront plus grandes et pressantes. D’où qu’il faut craindre des manifestations publiques comme celles de 2008, qualifiées en son temps d’émeutes de la vie chère. Véritablement, on se retrouve dans une situation aussi difficile que le début de la maladie à Coronavirus.

Dabaoué Audrianne KANI



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