Affaires de Tanwalbougou : « Les 12 personnes ont bel et bien été tuées…» selon le CISC

19/05/2020
00:00

Le Collectif contre l’impunité et la stigmatisation des communautés (CISC) était le 18 mai 2020 face à la presse à Ouagadougou. Pour donner son point de vue sur les événements de Tanwalbougou ayant occasionné la mort d'une douzaine de personnes. Témoignages de proches de victimes et condamnation tous azimuts ont constitué la substance de ce rendez-vous avec les Hommes de médias.

Tout serait parti d’un communiqué du procureur du Faso près le Tribunal de grande instance de Fada N’gourma datant du 13 mai 2020 et faisant cas de l’arrestation de personnes suspectés de terrorisme par la gendarmerie de Tanwalbougou et qui sont morts dans leur cellule de détention. A l’en croire, 25 personnes ont été interpellées dans la nuit du 11 au 12 mai dernier par les Forces de défenses et de sécurité (FDS) de la zone. Malheureusement, 12 d’entre elles ont trouvé la mort au cours de cette même nuit dans les cellules où elles étaient détenues. Comme il fallait s'y attendre, les responsables du CISC sont sortis du bois et affirment qu’il s’agit d’assassinat. Selon le Collectif, après investigation, ces personnes ont été enlevées manu militari, non pas la nuit mais dans la journée, aux environs de 13 heures dans le marché de Kpentchangou (5km de Tanwalbougou), par des éléments de la gendarmerie nationale, renforcés par des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Bastonnées et humiliées selon Dr Daouda Diallo, SG du Collectif, ces personnes ont été rassemblées comme du bétail sur la place du marché, avant d’être amenées à bord de deux véhicules 4X4 en direction de la gendarmerie de Tanwalbougou. «À partir de ce moment, on entendra plus parler d’elles, malgré les nombreuses initiatives locales», dit-il. Si le Collectif affirme que les 12 personnes (dont l’âge varie entre 20 et 70 ans) ont été tuées, il pense également que le plus grave est l’implication ouverte de structures et d’agents officiels de sécurité d’une part, et l’absence totale de suites judiciaires de ces massacres d’autre part. Selon le SG du CISC, « malgré toutes les démarches, aucun cas n’a vu l’arrestation, le jugement encore moins la condamnation des auteurs de ces actes indignes de structures d’un Etat qui se veut de droit». Tout en dénonçant ces manœuvres divisionnaires des terroristes, des VDP, des groupes d’auto défense Kogl-weogo et de plus en plus certains éléments de FDS selon le CISC, le Collectif exige la protection des témoins. En sus, il exige entre autres l’arrêt immédiat de ces crimes odieux, l’arrestation immédiate et sans délai des VDP impliqués, la mise en place d’une commission spéciale d’enquête impartiale et que les corps enterrés dans les fausses communes soient identifiées et restitués à leur famille pour des funérailles dignes de ce nom.

Aïcha TRAORE



15
Partager sur Facebook

B Commentaires - Soyez le premier à commenter -

Recherche

Derniers articles

Présidentielle et législatives, l’opposition coince le pouvoir

La présidentielle et les législatives se tiendront à bonne date. Avait déclaré Simon Compaoré, le président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP...

04/06/2020

S’ils ont pleuré, c’est parce qu’ils n’en peuvent plus

A Pama, les populations, majoritairement des femmes, ont marché et pleuré lundi 1erjuin 2020 pour demander le départ des Forces de défense et de sécurit...

03/06/2020

Lutte contre le terrorisme, on a touché là où il fait mal ?

Les attaques terroristes sont devenues récurrentes sur le sol burkinabè. En seulement 24 heures, le pays a enregistré deux attaques. La première a cibl...

02/06/2020

Portrait

Conseil des ministres

Vidéos





09:36:01