Contrôle du port du masque, quand les populations en rient…

19/05/2020
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Contrôle policier du port du masque, en rire ou en pleurer? En tout cas, ça faisait sourire certains usagers de la route hier lundi 18 mai 2020. Des policiers sur la route, dans les intersections, bouches et nez fermés par des masques demandant aux usagers d’en faire de même. Qu’ils soient sur des engins à deux roues, dans des tricycles, dans des véhicules ou même à pieds, ils étaient nombreux qui n’en portaient pas, à être sensibilisés sur le port obligatoire du masque. L’une des mesures-barrières les plus importantes dans la lutte contre la propagation de la maladie à Coronavirus.

Si le port du masque doit relever de l’obligation, le contrôle de son port peut être discutable. D’abord quand on voit des agents de forces de défense et de sécurité, dans la circulation en train de contraindre des gens à porter des masques de protection contre une maladie, alors que cela devait être systématique, c’est qu’il y a des ratés à quelque part. La maladie à Coronavirus est une question de santé, donc de vie ou de mort. Quand des populations en grande majorité en viennent à défier une maladie ou même la mort, c’est qu’à un certain niveau, quelqu’un n’a pas joué convenablement son rôle. Les y contraindre n’est donc pas un remède approprié. Pendant que nous y sommes, jusqu’à quand ces contrôles vont-ils durerpour que le masque fasse désormais partie de l’accoutrement des Burkinabè; au même titre que la chemise, la camisole…

En outre, procéder à des contrôles de port de masques dans la circulation, pour des gens qui sont sur moto ou dans un véhicule, n’a pas de sens. Il est vrai, nous a-t-on dit dès le départ, que le virus se transmet par les rejets d’éternuements et les crachats. Mais ces contrôles seraient plus efficaces, s’ils avaient lieu dans les maquis, les bars, les restaurants, dans les lieux de culte (mosquées, églises, temples, cérémonies de funérailles, de mariages, de baptêmes, dans les marchés…) qui sont des lieux publics de regroupement du monde.

Du reste, pendant qu’on contrôle des gens qui devaient porter des masques, qui sont entassés dans un tricycle interdit au transport des passagers, quel message donne-t-on? Est-ce à dire qu’on peut s’entasser dans un tricycle à condition de porter des cache-nez? Quand on contrôle des gens qui sont dans un taxi qui utilise du gaz domestique comme source d’énergie, alors que cela est interdit, quel message veut-on donner? Faut-il en rire ou en pleurer?

Dans tous les cas, si dans les prochains jours, ces contrôles ne sont pas poursuivis, il est clair que les Burkinabè déposeront leurs masques. Une fois de plus, l’autorité de l’Etat se sera affaiblie davantage. Il est certes de la responsabilité et du devoir de l’Etat de protéger les populations, parfois contre leur gré. Mais, encore faut-il savoir choisir contraindre? Quand des populations n’adhèrent plus, ou pas du tout, à des mesures aussi importantes que celles de se protéger contre une maladie, l’Etat doit se faire une réelle introspection avant de prendre des mesures contraignantes. Si malgré tout les populations en rigolent, c’est que les signes ne sont pas bons.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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