Bishop Mc Claver Yaméogo, Président du MRP : «Il est facile de s’asseoir et de tirer sur le gouvernement»

22/05/2020
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A l’état-civil il se nomme Yaméogo César Auguste Roméo Kiswendsida Claver. Il est né à Bobo-Dioulasso. Il est l’un des fils du père de l’indépendance du Burkina Faso, Feu Maurice Yaméogo. Actuellement président du Mouvement pour le rassemblement patriotique (MPP), parti qu’il a créé, il a décidé de soutenir la majorité présidentielle. Nous avons échangé avec lui dans les locaux de la radio JAM dont il est fondateur. Claver Yaméogo nous parle de son parti le MRP, de ses ambitions politiques et de bien d’autres sujets d’actualité.

 

Pourquoi avez-vous créé le Mouvement pour rassemblement patriotique?

Cela est venu d’un constat à Koudougou, où les jeunes m’ont approché. Ils avaient à leur tête mon directeur de cabinet, François Combasseré qui a écrit un ouvrage sur Maurice Yaméogo. Avec l’évolution politique nous avons fait au niveau de Koudougou que la jeunesse n’avait pas quelqu’un vers qui se tourner. Alors, ces jeunes sont venus me voir. Ils ont pensé à moi, peut-être à cause de mon affiliation familiale ou peut-être pour ce que j’ai pu faire dans le monde de la communication.


 

Que pensez-vous alors faire avec ces jeunes dans un parti?

C’est d’abord la formation. Comment former ces jeunes qui sont l’espoir de demain? Parce que le MRP veut se projeter dans l’avenir. Tout cela, parce que nous voulons dès demain être aux affaires. Nous voulons nous projeter dans 20 ans, 30 ans. Ces jeunes qui ont 20 ans aujourd’hui, dans 30 ans ils en auront 50. S’ils ont suivi le parcours avec le MRP, ils seront outillés pour être aux destinées de cette nation. Avec peu de moyens, on peut devenir grand. Seul, il suffit d’avoir les clés du développement personnel et de la prospérité. Si c’est bien assimilé, sortiront parmi eux des grands. Un pays est grand par rapport à sa population; un pays est riche par rapport à sa population. Le MRP n’est pas un parti où on désigne les gens. C’est un parti qui se veut ouvert à tout le monde, où chaque leader peut exercer son leadership. Quand un bon leader se dégage, nous sommes prêts à l’accompagner. C’est pourquoi nous disons aux jeunes, qu’en venant au MRP ils ont leur destin entre leurs mains. Le MRP n’est pas le parti de quelqu’un, mais le parti d’une nouvelle génération.

 

Il semble que votre parti n’existe que dans seulement six régions. Pourquoi cela?

Ce n’est pas un choix. Avec l’équipe, nous avons commencé par une conférence de presse, des interviews télévisées et les gens ont adhéré spontanément aux idées que nous avons proposées. Et ils sont venus vers nous et nous les avons accueillis à bras ouverts. Nous n’avons pas eu besoin de faire le déplacement. Cela veut dire qu’il y a quelque chose de positif dans ce que nous proposons. C’est pour cela que pour le moment, nous sommes dans six régions. Il s’agit du Centre-Ouest, du Centre, du Sahel, de l’Est, des Hauts-Bassins et du Sud-Ouest.

 

Quelle est la position d’affiliation de votre parti?

Nous sommes affiliés à la majorité. Plus précisément à l’Alliance des partis pour la majorité présidentielle.

 

Quelle vision avez-vous de l’opposition actuelle?

Nous avons une bonne vision de l’opposition actuelle. Nous devons être démocrates. Et la démocratie ou la politique, ce n’est pas la bagarre. C’est vrai qu’il y a un jeu qui se joue, mais nous sommes tous fils de ce même pays, le Burkina Faso. Aucun d’entre nous n’a intérêt à ce que ce pays brûle. Donc la politique doit se faire de manière saine. Je ne suis pas pour la politique politicienne. Donc chacun doit jouer son rôle. Mais, il faut que nous soyons honnêtes. Soyons sages dans les actions que nous posons. Parce que le Burkina Faso vit des heures dures. Nous faisons face à une crise sécuritaire à laquelle vient s’ajouter une crise sanitaire. Dans cet imbroglio, le gouvernement doit assurer le bonheur des habitants. Il est facile dans les circonstances qui sont les nôtres, de s'asseoir et de tirer sur le gouvernement.

 

Comment votre parti se prépare-t-il pour les élections législatives et municipales à venir?

Que ce soit pour les législatives ou les municipales, nous avons des gens prêts à se lancer dans la bataille. La présidentielle n’est pas notre objectif. C'est difficile d'y aller pour un parti créé il y a une année (notre récépissé date d'avril 2019). Mais, nous sommes des socio-démocrates comme le parti au pouvoir actuellement. Nos programmes ne sont pas similaires, mais nous adhérons au programme qu’il propose par rapport au social. On n’est pas obligé d’être de l’opposition pour venir un jour au pouvoir. A notre niveau, nous devons soutenir la candidature de Roch Marc Christian Kaboré. Il fait un excellent travail avec le peu de moyens qu’il a. On n’a pas besoin d’un président tonton flingueur. C’est un débat d’idées.

 

Cela veut dire que vous êtes d’accord avec la gouvernance actuelle du pays?

Etre d’accord, ce n’est pas le terme que j’emploierai. Parce que, dans la gouvernance actuelle, il y a eu beaucoup d’erreurs. Mais la perfection n’est pas de ce monde. Un gouvernement peut se tromper, un président peut se tromper, un ministre. Si on se trompe, il faut être honnête et reconnaître que là on s’est trompé et on rectifie le tir.

 

Vous n’êtes pas d’accord de la façon dont la crise sanitaire liée au COVID-19 a été gérée alors ?

Les mesures que le président du Faso a prises sont parfaites. Mais, cela peut causer des problèmes, parce qu’on n’est pas préparé à cela. Ce que je souhaiterai, qu’il y ait une commission pour gérer dans tous les ministères, pour pouvoir rendre compte fidèlement de ce qui se passe à la population et au gouvernement. Dans cette gestion du COVID-19 il y a des erreurs, mais aussi des actes nobles qui ont été posés.

 

Il y a eu aussi des remous quant à la gestion de la crise sécuritaire, quel est votre avis?

Quand on n’est pas préparé à quelque chose, il est difficile d’être parfait dans la gestion de cette chose. Vous avez un pays où les armes ont été enlevées des casernes parce qu’on avait peur des coups d’Etat. L’armée est sous-équipée. Sincèrement à qui profite ces attaques? C’est sûr que ça profite à des gens. Si nous sommes aidés par certaines puissances qui ont des drones, des satellites et tous les équipements nécessaires, vous pensez qu’on ne peut pas éradiquer cette crise dans le Sahel? C’est vite fait!

 

Par rapport à la gestion du front social, avec les manifestations des syndicats, l’Etat a opéré des coupures de salaires. Quel est votre point de vue?

Il y a un manque de dialogue. En toute chose, c’est la communication qui doit prévaloir. On peut ne pas être d’accord sur quelque chose, mais si on dialogue on finira par s’entendre. On trouvera toujours un terrain d’entente. Mais, si on refuse le dialogue et pour des intérêts personnels, on se lève parce qu’on veut les faire tomber à tout prix ou qu’on veut bloquer, c’est clair qu’il y aura brisure. On peut éviter tout cela, car c’est l’avenir du pays qui est en jeu.

Propos recueillis

par Firmin OUATTARA



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