L’Assemblée nationale «met encore un rapport sur le marché»

26/05/2020
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De l’Assemblée nationale, on pourrait bien dire qu’elle fait son travail. En tout cas, en ce qui concerne le contrôle de l’action du gouvernement. Et surtout dans le domaine des enquêtes parlementaires et la production de rapports. Le dernier rapport produit et mis sur le marché, c’est celui portant sur les sociétés minières au Burkina. Le moins que l’on puisse dire, c’est que les conclusions de ce rapport sont édifiantes. Grosso modo, on peut retenir que dans leur majorité, pour ne pas dire toutes, les sociétés minières ne respectent pas leurs engagements. En clair, elles ne paient pas ce qu’elles doivent payer à l’Etat. C’est le cas par exemple de leurs contributions au Fonds minier de développement local. C’est aussi le cas de la Contribution financière en matière d’eau. Sur 9 milliards de F CFA, seuls quelques 600 millions ont été recouvrés en 2017. Au total, ce sont 551,163 milliards de F CFA de perte que l’Etat a enregistré au titre des taxes et redevances. Alors que 52,622 tonnes d’or et 165 000 tonnes de zinc produites en 2018 ont engendré 1 540 milliards de recettes d’exportation, seulement quelques 266 milliards ont été versés au Budget de l’Etat. Soit 17,27 % du chiffre d’affaires annuel du secteur. Autant dire que les minerais du Burkina Faso ne rapportent pratiquement rien ; ni à l’Etat ni aux populations impactées. Si c’est bien le cas, soit on revoit le code minier, soit on arrête de piller les ressources du sous-sol. Puisque, finalement, c’est de cela qu’il s’agit.
Revenons sur les multiples rapports de l’Assemblée nationale pour dire que si celle-ci joue son rôle, il n’est certainement pas le cas du gouvernement et de toutes les autres institutions qui doivent mettre en œuvre les recommandations contenues dans ces rapports. Bien au contraire, car on a l’impression que toutes ces recommandations sont soigneusement rangées dans des tiroirs. C’est le cas par exemple du rapport sur le passif foncier dont les recommandations ont été contournées pour mettre en place une autre politique biaisée de lotissement à travers les agences immobilières qui spolient les propriétaires terriens. Finalement, on est en droit de douter de la volonté du gouvernement ou du moins les départements ministériels concernés à prendre au sérieux les rapports de l’Assemblée nationale. Ce qui saute à l’œil, c’est que les Burkinabè sont conscients que, pour ce qui concerne la production de l’or, que cette ressource ne leur profite pas. Ils sont aussi conscients que la question du foncier constitue une bombe à retardement. Qu’on le veuille ou pas, maintenant ou plus tard, ces questions seront posées sur la table. De quelle manière ? Là se trouve toute la question. Autant donc les attaquer dès à présent.

 Dénis Dafranius SANOU



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