Et si Roch avait débuté le nettoyage autour de lui !

28/05/2020
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L’arrestation et la détention de l’ancien ministre de la Défense nationale et des Anciens combattants, Jean-Claude Bouda, doit sonner comme la volonté du président Roch Marc Christian Kaboré à faire le nettoyage autour de lui. Autrement, s’il veut que les Burkinabè gardent une bonne image de son passage à la tête du pays, s’il veut que les Burkinabè lui accordent un second mandat, le président doit travailler à assainir son entourage et l’administration publique de toutes ces impuretés et ordures qui l’encombrent. Il doit également travailler à moraliser la vie publique. Et cela passe nécessairement par des actes forts comme celui du «dépôt direct» de Jean-Claude Bouda à la Maison d’arrêt et de correction de Ouagadougou (MACO). En outre, il ne doit pas donner raison à ceux qui estiment déjà que c’est du saupoudrage, tout simplement pour faire croire en sa volonté de ne pas protéger qui que ce soit ; même ses amis. A la fin de son mandat, on peut considérer cela comme un coup de balai. Ou du moins un avertissement à tous ceux qui portent ou qui pourraient porter des casseroles bruyantes.
Si dans leur majorité, les Burkinabè ont tendance à croire et à dire que tout est devenu pire qu’avant l’insurrection populaire, c’est tout simplement dû au fait qu’il a manqué des actes forts du genre, allant dans le sens de répondre à certaines de leurs préoccupations, notamment la soif de la justice et la fin de l’impunité. C’est pourquoi, la mise en accusation de Jean-Claude Bouda ne doit pas être un acte isolé. Elle doit s’inscrire dans une dynamique plus large qui consiste effectivement à laisser la justice faire son travail ; à entendre tous ceux qui trainent des affaires, quelles qu’elles soient ; que ce soit dans le public ou dans le privé. A cet effet, ce ne sont pas les affaires qui manquent, pendantes devant la justice.
Aussi, les affaires de Yirgou, de Tanwalbougou, de Barsalogho, de charbon fin et que sait-on encore, doivent passer devant le juge. Elles doivent être élucidées, car l’opinion veut bien savoir ce qui s’est passé. Autant les détournements de deniers publics peuvent constituer des menaces au vivre-ensemble et à la cohésion sociale, autant les crimes économiques et de sang sont des facteurs nuisibles à la même paix. La construction de l’Etat-nation dont il est question passe par-là. L’arrestation de Jean-Claude Bouda va alimenter pendant longtemps l’actualité nationale. Mais, elle ne doit pas faire perdre de vue qu’il y a encore des défis et non des moindres à relever.

Dabaoué Audrianne KANI



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