Lutte contre le terrorisme, on a touché là où il fait mal ?

02/06/2020
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Les attaques terroristes sont devenues récurrentes sur le sol burkinabè. En seulement 24 heures, le pays a enregistré deux attaques. La première a ciblé des commerçants et des clients dans le marché de bétail de Kompienbiga dans la province de la Kompienga, région de l’Est et la seconde a ciblé un convoi humanitaire sur l’axe Foubé-Barsalgho dans la province du Sanmantenga, région du Centre-Nord. Les deux attaques ont fait plus de trente morts et de nombreux blessés. Le point commun c’est que toutes ces attaques se sont déroulées le même jour, samedi 30 mai 2020, et le mode opératoire est presque identique. Il consiste à harceler la population en la prenant pour cible. La stratégie n’est pas nouvelle, car avec l’installation dans un passé très récent des Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), même si les hommes armés s’étaient déjà attaqué à la population dans plusieurs localités les jours de marché, le phénomène semble prendre de plus en plus de l’ampleur. Et il est à se demander jusqu’où iront «ces fous de la mort» qui sont réellement déterminés à prendre possession d’une partie du territoire national, après les cuisantes défaites enregistrées face aux Forces de défense et de sécurité (FDS). Qui ont mené avec succès des opérations anti-terroristes dans les régions de la Boucle du Mouhoun, de l’Est,du Sahel, du Nord. Ces opérations ont permis de neutraliser plusieurs terroristes, de détruire leurs bases et de récupérer du matériel important.

Face à cette recrudescence des attaques terroristes, il est urgent donc pour nos FDS de trouver la réplique nécessaire. Pour épargner la vie de nombreux citoyens. Les autorités au plus haut niveau, en qualité de garant de la paix et de la stabilité, ont l’obligation d’assurer la quiétude à chaque citoyen partout où il se trouve sur le territoire national. En attendant, au Burkina Faso, il y a des questions qu’il faut poser et les résoudre définitivement, ou même en partie. Sont de celles-ci, le régionalisme, les religions et la radicalisation, la stigmatisation des communautés et le repli identitaire.

Des terroristes, on dit qu’on ne sait pas ce qu’ils veulent en prétextant qu’ils ne revendiquent rien. Quand il s’attaquent aux populations civiles, les tuent et les chassent de leurs zones qu’ils occupent par la suite, n’est-ce pas un message? Quand ils vont dans des marchés et abattent des populations innocentes, ne laissent-ils pas un message? Quand il s’attaquent aux religieux (musulmans, chefs coutumiers, protestants et catholiques), ce sont des messages qu’ils donnent. Il suffit de les décrypter et d’y apporter des réponses. On ne doit pas continuer à mener une lutte, quelle qu’elle soit, sans résultats tangibles contre des personnes qui, en vérité, sont parmi nous.

Le Burkina Faso a un problème avec ceux qui l’attaquent. Ça au moins, c’est clair. Ce n’est pas pour rien que le pays est attaqué. A tel point que la collaboration entre les FDS et les populations a pris un coup. Les secondes se méfient des premières, et vice-versa.Pourquoi tout cela?

Ousmane TRAORE



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