S’ils ont pleuré, c’est parce qu’ils n’en peuvent plus

03/06/2020
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A Pama, les populations, majoritairement des femmes, ont marché et pleuré lundi 1erjuin 2020 pour demander le départ des Forces de défense et de sécurité et réclamé des armes pour assurer leur propre sécurité. Non pas parce qu’elles le veulent, parce qu’elles estiment que les Forces de défense et de sécurité n’assurent pas suffisamment leur sécurité. A Tanwalbougou, après les enlèvements dans un marché suivis de morts d’hommes (par balles pour certains et par asphyxie pour les autres), un habitant a déclaré en substance que lorsque «nous voyons des Forces de défense et de sécurité, nous fuyons parce que nous avons peur d’eux». Et ce n’est pas seulement dans ces deux localités que les populations semblent se méfier, d’une manière ou d’une autre, des éléments des forces de défense et de sécurité, déployés au Sahel, au Nord, à l’Est et dans d’autres localités du pays pour lutter contre le terrorisme. Si tel devait effectivement être le cas, c’est que la situation serait en train de se compliquer dangereusement.

Aucune guerre, dit-on, ne peut se gagner sans une véritable mobilisation sociale, impliquant les forces de défense et de sécurité et les populations. C’est d’ailleurs pour cette raison que le gouvernement a fait appel aux Volontaires pour la défense de la patrie (VDP). C’est dans cette optique qu’il est demandé l’implication de certaines organisations sociales de lutte contre l’insécurité et le banditisme comme les dozos. Si au Burkina Faso, les populations en viennent à douter de la capacité de leurs FDS à les défendre véritablement et à assurer leur sécurité, c’est qu’il y a problème. Aussi, est-il temps, et du devoir de l’autorité, d’assurer ses responsabilités afin de rassurer les populations. Il revient également aux Forces de défense et de sécurité, dans leur mission, de faire en sorte que les populations aient entièrement confiance en elles.

Les Burkinabè ont marché dans presque toutes les villes pour soutenir moralement leurs FDS; ils ont même initié des cotisations pour leur apporter le soutien financier parce qu’ils sont convaincus que le soutien moral à lui seul ne suffit pas. Ils se sont engagés à leurs côtés à travers le renseignement et tout dernièrement en volontaires de défense de la patrie. Que s’est-il donc passé pour que cette franche collaboration se transforme à Pama et ailleurs en méfiance?

La question est bien importante et de sa réponse, proviendront les solutions pour une collaboration plus solide, plus renforcée et plus engagée entre populations et FDS afin de remporter la victoire sur ces forces du mal. Pour cela, l’Etat doit s’affirmer complètement. Le chef de guerre, chef suprême des armées qu’est le président du Faso, doit galvaniser les troupes. Aux populations, il doit pouvoir tenir le langage du chef de famille qui rassure. Car, à tout point de vue, l’heure est grave. Même si les Burkinabè sont prêts à se défendre jusqu’au dernier des leurs, il faut que la sérénité revienne d’abord. Dans les rangs, au propre comme au figuré.

Dabaoué Audrianne KANI



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