Présidentielle et législatives, l’opposition coince le pouvoir

04/06/2020
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La présidentielle et les législatives se tiendront à bonne date. Avait déclaré Simon Compaoré, le président du Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) au cours d’une conférence de presse. Alors que l’opposition, réunie au sein du chef de file de l’opposition politique martelait que cette date est impérative et qu’aucun report n’était à envisager. Les deux parties l’avaient d’ailleurs déjà convenu lors de leur rencontre à l’initiative du chef de l’État. Seulement, il faut travailler à réunir toutes les conditions. Entre temps, apparaît la maladie à Coronavirus suite à laquelle, tout le processus est suspendu. A la reprise, Newton Ahmed Barry, le président de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) déclare devant les membres du CFOP "techniquement, rien ne s’oppose à la tenue des élections à la date du 22 novembre”. Tout le monde est donc d’accord.

C’est en ce moment que l’Opposition non-alignée (ONA), dirigée par le Professeur Abdoulaye Soma sort du bois pour dire qu’il n’est pas possible, conformément à la Constitution, d’organiser les élections pour des raisons d’intégrité du territoire. En français facile, la partie du pays où sévit le terrorisme, abandonnée par les populations ne peut être ignorée. Aussi, faut-il d’abord rétablir cette intégrité du territoire afin que les élections puissent se tenir sur l’ensemble du pays. Ce qui, visiblement n’est pas possible à seulement six mois des élections.

Mais là où l'ONA et le CFOP sont d’accord, c’est l’organisation du pouvoir au cas où il n’y aura pas d’élections. Roch reste président, on s’accorde sur une nouvelle date et on met en place des instruments consensuels de gouvernance du pays pour cette période. En clair, l’opposition va partager le pouvoir avec le MPP et ses alliés. Dont certains pourraient n’avoir le moindre strapontin ni dans un gouvernement ni dans la haute administration. Faut-il alors comprendre la fuite en avant de certains leaders qui préfèrent quitter les choses avant, parce qu’ils les voient venir ?

Du coup, le parti au pouvoir et ses alliés se trouvent coincés. L’organisation des élections dans le contexte actuel est risqué. Ne pas les tenir est risqué et enlève au pouvoir et à son président légitimité et légalité et va obliger le partage du pouvoir. Avec tous les risques pour la majorité de perdre les élections. Créer une crise politique n’est pas non plus la solution. Elle serait même beaucoup plus risquée. Car, si en plus de la crise sécuritaire, de la crise sanitaire et ses conséquences, de la crise sociale avec les partenaires sociaux, il faut ajouter une autre crise, le vase va déborder. A moins qu’on considère cela comme une porte desortie. Quitte à la qualifier d’honorable ou petite, selon le camp dans lequel on se trouve.

A l’analyse, le reste du temps qui nous sépare des élections est plein d’incertitudes si les politiciens ne savent pas accorder leurs violons. On ose croire que pour l’amour du pays dont ils se réclament si fièrement, ils sauront faire la part des choses et épargner le peuple d’une autre crise.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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