Avec une telle moyenne, c’est bon pour Roch

15/06/2020
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4,53/10. C’est la note obtenue par le président Roch Marc Christian Kaboré à l’issue d’un sondage d’opinion du Centre pour la gouvernance démocratique (CGD) sur sa gouvernance. Une telle note, en fin de mandat et à six mois de la présidentielle et des législatives est bonne à prendre. Elle est même une très bonne note. Elle l’est d’autant plus que le contexte particulier dans lequel le président Kaboré a conduit son mandat a été des plus difficiles. Sur tous les plans. Si l’enquête reflète l’opinion des Burkinabé, cela signifie qu’ils sont satisfaits, malgré tout de leur président. Qui s’est sans doute montré très résilient face à toutes ces difficultés qui ont jalonné son mandat.

Tout le monde est unanime qu’au lendemain de la formation de son premier gouvernement, le pouvoir de Roch Marc Christian Kaboré a été accueilli et ébranlé par la première attaque terroriste d’envergure en janvier 2016. Depuis lors, le régime n’a plus eu de répit. Les attaques se sont multipliées. Avec des conséquences de plus en plus graves. Il eut des moments où tout le monde, en tout cas presque, a cru que le pouvoir allait basculer. Il y a même eu des mouvements au sein de l’armée qui ont été qualifiés de mutinerie vite contenus. Du côté des civils, on a frôle par moment les affrontements communautaires. Tellement les attaques ont fragilisé le vivre-ensemble. Malgré tout, le régime a tenu. En tout cas jusqu’à aujourd’hui.

En plus sur le front social, la tâche n’a pas été du tout facile pour Roch et son équipe. Il y a eu pendant son mandat, plus de 250 mouvements de grève, de manifestations et de mouvements d’humeur. Et ceci, dans tous les secteurs de l’administration publique; y compris le secteur privé. Les mouvements qui ont fragilisé le régime, ont été ceux des agents des impôts et du trésor qui, pendant longtemps ont fait tourner l’administration au ralenti jusqu’à ce que des contribuables aient été obligés de crier leur ras-le-bol. Les magistrats, qui ont pourtant été les enfants gâtés du régime de Roch, n’ont pas été en reste. Les enseignants, les agents de santé, même les Hauts-commissaires et préfets, sont descendus dans les rues en tenue pour protester. Contre tout, le régime a résisté. Même si jusqu’à présent ces mouvements ne sont en cours.

L’une des tâches noires du régime de Roch est la corruption. Qu’il n’a pas réussie à endiguer. Au contraire, elle semble avoir pris de l’ampleur. En témoignent les révélations qui s’amoncèlent pratiquement toutes les semaines.

Puis, comme si tout devait tomber sur la tête de Roch, la maladie à Coronavirus est venue pour tout parachever. Une gestion catastrophique décriée par tous, même au sein du pouvoir. Mais, coup de chance, elle est repartie comme elle est venue. Et Roch et son pouvoir sont là. Pour novembre 2020, il suffit de bien décrypter les attentes des Burkinabé, les exposer sans démagogie et avec des acteurs crédibles et le tour est joué.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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