Que les prochaines élections soient transparentes

17/06/2020
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La décision de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de se saisir de la question de tentative d’enrôlement d’électeurs sur les listes électorales à Ziniaré alors que la loi l’interdit est sans doute le début d’une véritable transparence des élections prochaines. Il faut s’en féliciter et encourager tous les acteurs du processus à faire en sorte que ces élections, que tout le monde attend impatiemment, soient effectivement transparentes, équitable et justes. La CENI vient de donner le ton et on espère qu’elle ira jusqu’au bout de sa logique. D’ailleurs a-t-elle le choix? Car, les Burkinabè n’accepteront pas du tout que ces prochaines élections soient truquées, par qui que ce soit et pour quelles que raisons que ce soient. Aussi, qu’on soit de la majorité, de l’opposition alignée ou non-alignée, de la société civile, tout le monde doit s’inscrire dans la dynamique de faire de ces élections les plus transparentes que le pays n’ait jamais organisées. C’est une question de souveraineté et d’intégrité. On ne peut pas chanter tous les jours le retour aux valeurs de probité, d’intégrité, de justice sociale, d’égalité et on en oublie et faire le contraire sur le terrain.

C’est pourquoi, dans un premier temps, il faut faciliter l’accès aux documents d’inscription sur les listes. L’Office national d’identification (ONI) a tout intérêt à faire en sorte que les Burkinabè qui le désirent puissent disposer dans les délais requis de la Carte nationale d’identité afin de se faire enrôler librement sur les listes électorales. Car tout comme la CENI, elle joue toute sa crédibilité et celle des élections, et partant de la paix au Burkina. On ne doit pas pouvoir l’assimiler ou l’accuser de favoritisme à l’égard d’un camp ou d’un autre. Quant aux acteurs politiques, ils doivent inscrire ces élections dans la dynamique de réconciliation avec les Burkinabè dans leur ensemble. Des Burkinabè qui, en vérité, n’accordaient plus beaucoup de crédit aux hommes politiques et à tout ce qu’ils disent et font. L’occasion leur est donc donnée de rectifier le tir et de faire en sorte que la politique, qui consiste à la gestion de la cité, respecte effectivement cette définition. L’essentiel n’est pas d’organiser des élections, l’essentiel n’est pas non plus de les remporter, mais qu’elles reflètent la volonté des électeurs. Et cela commence dès le début du processus.

Il est connu de tous que des élections mal organisées, truquées ou fraudées, ont toujours été la cause de graves crises post-électorales. Certaines ont même été la source de conflits civils. Le Burkina Faso est déjà suffisamment éprouvé par la crise sociale, la crise sécuritaire et les conséquences de la maladie à Coronavirus pour se payer le luxe d’une autre crise. C’est pourquoi, tous les acteurs sont réellement interpellés. Ils seront très peu de Burkinabè à se plaindre ou à souffrir si un homme politique ou un quelconque électeur doit séjourner en prison pour tentative de fraude aux élections. Tout le monde est donc prévenu.

Dabaoué Audrianne KANI

 



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