Monsieur le Procureur, les Burkinabè aiment et veulent çà !

19/06/2020
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Holà! Semble avoir lancé la justice à travers le Procureur du Faso, près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou. Un magistrat en prison pour tentative présumée d’escroquerie et de diffamation. Un démarcheur, qui croit connaître mieux les arcanes de la justice et les pratiques mafieuses qui s’y déroulent en prison pour les mêmes raisons. Un ancien ministre croupit en prison pour délit d’apparence et faux en écriture publique. Des cadres d’un parti politique de la mouvance en prison pour tentative de fraudes sur des listes électorales. Un maire en sursis pour des raisons présumées de mal-gouvernance dans les affaires de sa commune. Et ce n’est pas n’importe quel maire, mais celui de la capitale, Ouagadougou. La liste des gros poissons en prison pourrait être longue les jours à venir. Surtout que la justice a décidé depuis un certain temps de faire son travail. Le vrai, qui consiste à poursuivre sans états d’âme (y compris ses membres) tous ceux qui sont impliqués dans des affaires condamnables. Pour cela, le procureur demande la contribution de toutes les structures de dénonciation et même des citoyens de façon générale. Le procureur du Faso pourrait se rassurer car les Burkinabè aiment et veulent ça. Ils attendaient depuis longtemps ce réveil de la justice qui a d’ailleurs trop duré. Elle qui est accusée d’enfant gâté du régime de Roch doit démontrer que les Burkinabè ont eu raison de lui accorder son indépendance.

En effet, l’engagement du Procureur du Faso, près le Tribunal de grande instance de Ouagadougou doit sonner, désormais comme un tournant décisif pour l’appareil judiciaire de porter véritablement la toge et de s’assumer. Il faut s’en féliciter et encourager tous les acteurs sur toute la ligne qui se sont inscrits dans cette dynamique de nettoyage des écuries, notamment les juges et les officiers de police judiciaires «intraitables» qui ont décidé de rendre au pays son intégrité afin qu’il mérite enfin son appellation de pays des hommes intègres. Car, on ne peut pas au plus haut niveau, clamer tous les jours la bonne gouvernance, le développement harmonieux, la justice sociale, la lutte contre la corruption et se comporter contrairement à tout cela. Le plus rien ne sera comme avant doit avoir tout son sens. Il ne peut avoir servi à faire partir Blaise Compaoré et son régime à abandonner le pouvoir pour asseoir des comportements plus condamnables.

Le Burkina Faso est donc sur la bonne voie. Osons croire qu’il en sera désormais ainsi. Non seulement de l’égalité de tous devant la justice (car désormais tout le monde peut être inquiéter), mais également de la bonne gouvernance. Car les Burkinabè veulent une gestion vertueuse des affaires publiques. Ce qui devrait permettre au pays de connaître un véritable développement par la libération des esprits et la sérénité dans l’investissement. Car, par manque de bonne gouvernance, les ressources du pays ont servi à développer des individus au détriment de la communauté. Si bien qu’on a créé des classes pauvres qui, en toute logique, se retournent aujourd’hui contre le pays. Il faut que ça cesse!

Dabaoué Audrianne KANI



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