Lutte contre le Covid-19 dans les Hauts-Bassins : «La maladie n’est pas passée, il faut respecter les mesures barrières», Antoine Atiou

19/06/2020
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A l'instar de plusieurs autres régions, les Hauts Bassins ont été touchés par la pandémie de la COVID 19. Mais le foyer de la pandémie a été déclaré éteint dans la région puisqu’aucun nouveau cas n’a été enregistré depuis le 22 mai 2020. Dans cette interview qu’il nous a accordé, le Gouverneur Antoine Atiou, par ailleurs président du comité régional de gestion des épidémies dans les Hauts-Bassins invite la population à toujours respecter les meures barrières.


Monsieur le Gouverneur, à l'instar de plusieurs autres régions, les Hauts-Bassins ont été touchés par la pandémie de la COVID19. Combien de cas confirmés ont-ils été exactement enregistrés dans la région?

A l'heure actuelle, nous enregistrons un cumul de 76 cas dans notre région. Sur les 76 cas confirmés nous avons 49 hommes et 27 femmes.

 

Pouvez vous confirmer qu’actuellement il n'y a pas de cas sous traitement dans votre région?

En tant que président du comité régional de suivie des épidémies, je peux dire qu’actuellement il n'y a aucun cas de malade Covid-19 connu dans la région des Hauts-Bassins. Tous les cas connus et suivis par lesagents santé on connu leur guérison et malheureusement d'autres sont décédés. Dans les 76 cas dont je vous ai parlés, on a enregistré 8 décès.

 

En cas de décès, comment la dépouille est-elle gérée?

En ce qui concerne le traitement des dépouilles, il y'a un protocole du ministère de la Santé qui est suivi par les hôpitaux. Ce protocole est clair et est suivi par les hôpitaux jusqu’à l’inhumation de la dépouille. Je ne pourrai en dire plus.

 

Monsieur le Gouverneur, a un moment donné, des voix se sont enlevées pour dénoncer le manque de respirateur dans la région. Qu'en est-il actuellement, même s'il n’y a pas de cas sous traitement en ce moment?

C’est vrai que dans la région des Hauts-Bassins, il y avait un problème de respirateur car les respirateurs qui sont dans la région ne sont pas fonctionnels. On avait fait référence au respirateur de la mine d'or de Houndé comme c'est dans la région, mais malheureusement celui-ci n’était pas fonctionnel aussi. Mais, nous, au niveau du comité régional de gestion des épidémies, nous avons acquis un respirateur au moment fort de l’épidémie d’ailleurs. Et il se trouve que ce respirateur également n'est pas fonctionnel et le fournisseur la ramené a Ouagadougou. Il nous a dit qu'il a trouvé un autre respirateur qu'il est entrain de tester à l’hôpital Yalgado de Ouagadougou et qu'il va nous l’envoyer bientôt; en remplacement de l’autre qui ne fonctionnait pas.

 

Certaines mesures de restriction de liberté comme le couvre-feu, la fermeture des lieux de culte, de restaurants ont été levées. Mais, certaines sont toujours en vigueur, tel que le port obligatoire du masque, la distanciation sociale, etc. Ces mesures sont-elles véritablement respectées par vos administrés?

Il faut se dire que les mesures qui on été édictées par le ministère en charge de la Santé pour prévenir la maladie ont été plus ou moins respectées dans la région. Jusqu’à un moment donné on avait pris à l'interne, avec les forces de défense et de sécurité, des mesures pour le respect des mesures prises au niveau national. Ce qui n'a pas été facile parce qu’au début les gens sont restés dans leurs habitudes. Vous savez qu’en Afrique, nous ne sommes pas habitués à la distanciation sociale et nous sommes assez tactiles car on aime se toucher, se tapoter; donc c’était difficile pour les gens d’arrêter ça du coup. Maintenant, au plan collectif, les populations ne sont pas habituées à respecter des mesures notamment celles de la distanciation sociale lors des événements malheureux ou heureux. Par conséquence, ce n’est pas facile de les respecter car les gens sont toujours proches les uns des autres. Il y a un relâchement de la part des uns et des autres qui pensent que la maladie relève du passé aujourd’hui.

 

A ceux qui refusent toujours de respecter les mesures barrières, qu'avez-vous à leur dire?

A ces derniers, nous continuons toujours d’attirer leur attention sur le fait que la maladie n’est pas encore passée; même si à Bobo il n'y a plus de malade. On n’est pas totalement à l'abri du Covid-19 car nous sommes une région frontalière avec la Côte d’Ivoire et le Mali. Et dans ces pays, il y'a une flambée notamment en Côte-d’Ivoire où nous avons beaucoup de relations économiques. Il faut donc craindre qu’en relâchant, nous soyons beaucoup plus exposés. C'est ce que j’ai à dire aux personnes qui ne respectent pas les mesures de restriction. La maladie n’est pas passée et il faut redoubler d’effort dans le respect des mesures barrières, de rester propres, se laver régulièrement les mains, porter le masque et respecter les un-mètre au moins. Les vacances ont démontré qu’en ces périodes, les enfants sont toujours ensemble et les lieux de spectacle sont bombés de monde si bien que très souvent on n’arrive pas à maîtriser la mesure de distanciation physique. Et pourtant, il faut le faire.

 

Les établissements scolaires on rouvert les portes aux élèves en classe d’examen. Dans votre région, ces établissements ont-ils reçu en totalité ou en partie le matériel de protection promis par le gouvernement?

A l’heure actuelle, tous les établissements scolaires ont été dotés en matériel de protection à savoir les cache-nez et les dispositifs de lavage de main. Le jour de la reprise des classes nous avons fait le tour et dans certains établissements tout n’était pas mis en ordre, mais aujourd’hui je confirme que les établissements privés comme publiques ont reçu le matériel de protection promis par le gouvernement.

 

Vos derniers mots?

Mon dernier mot c'est d’insister toujours sur le fait qu'il ne faut pas relâcher, nous devons redoubler d’effort car dans certains pays il y avait une sorte de victoire sur la maladie mais après c’est reparti et ces pays ne sont pas loin d’ici. Il faut craindre que la perspective de réouverture des frontières et la perspective d’accueillir des étrangers peut faire que la maladie reparte. Donc il faut craindre et nous demandons aux populations de rester toujours propres, de se laver régulièrement les mains et de porter toujours son masque et de ne pas cracher par terre.

Ousmane TRAORE

Ayméric KANI/Stagiaire

 



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