Candidature de Bédié, si ce n’est la boulimie du pouvoir

22/06/2020
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A 86 ans, Henri Konan Bédié sera le candidat de son parti, le Parti démocratique de Côte d’Ivoire/Rassemblement démocratique africain (PDCI-RDA) à la prochaine élection présidentielle dans son pays, la Côte d’Ivoire. Autant le dire tout de suite: si ce n’est la boulimie du pouvoir, qu’est-ce qu’Henri Konan Bédié n’a pas eu, au pouvoir et dans la vie, qu’il veut encore aller chercher? Il a été plusieurs fois ministre dans son pays; il a été président de l’Assemblée nationale; il a été président de la République. Sous le régime d’Alassane Ouattara qu’il a aidé à remporter la présidentielle en 2010, tout le monde était unanime qu’il jouait le rôle de vice-président et mieux de président-bis. C’est à croire que la conquête du pouvoir, ou du moins le pouvoir, surtout quand on y a déjà goûté, rend fou. C’est le moins qu’on puisse croire: Henri Konan Bédié est fou du pouvoir. Ce qui constitue un danger pour lui-même, mais également pour son parti politique et pour son pays. Est-ce à croire que le PDCI manque-t-il autant de jeunes cadres capables de conquérir le cœur des Ivoiriens au point qu’à cet âge où il devrait être un conseiller, Henri Konan Bédié décide d’aller personnellement sur le terrain politique ? Si c’est pour se venger d’Alassane Ouattara qui n’a pas respecté les engagements pris ensemble en 2010 de lui passer la main en 2020, il fait fausse route. Car, Henri Konan Bédié aurait soutenu un jeune cadre de son parti, qu’il aurait toutes les chances de battre le candidat du RDHDP et rester dans les arcanes du pouvoir pour le reste de sa vie. Parce que tout compte fait, les Ivoiriens veulent le changement et tourner ainsi, pour toujours, la page des Gbagbo, Alassane, Bédié et autres.

Alassane Ouattara (à moins d’un revirement spectaculaire de situation) a décidé de passer la main à la «nouvelle génération». Même si le candidat qu’il a proposé, Amadou Gon Coulibaly, ne semble pas incarner aux yeux de nombreux observateurs, cette nouvelle génération. Néanmoins, la décision de quitter le pouvoir alors qu’il devait pouvoir tordre le cou de la Constitution est déjà une bonne disposition à croire que le pouvoir n’est bon que lorsqu’on sait partir à temps. Pour l’instant, Laurent Gbagbo, qui bénéficie pratiquement d’une liberté totale, n’a pas encore dit ce qu’il compte faire. Même si ses partisans veulent le voir sur la ligne de départ, lui aussi à la reconquête du pouvoir. Condamné à 20 ans de prison, il ne peut renter dans son pays. Guillaume Soro, lui aussi condamné à 20 ans de prison dans son pays, maintient sa candidature malgré tout. Dans tous les cas, il reviendra aux Ivoiriens de savoir choisir le prochain président de leur pays. Entre le changement et la continuité. Entre la jeune génération qui inspire l’espoir et la vieille garde qui, apparemment, ne devrait plus avoir à proposer de nouveau.

Dabaoué Audrianne KANI



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