Dossier SNC - Manhidessor Oumar Da: Cinq ans dans les tiroirs de la Cour de cassation

23/06/2020
00:00

C’est un homme amer qui s’est confié à L’Express du Faso, vendredi 12 juin 2020. Manhidessor Oumar Da, puisque c’est de lui qu’il s’agit, a maille à partir avec son ancien employeur, la Semaine nationale de la culture (SNC) où il a officié de 1998 à 2010, date de son licenciement. Les parties se retrouvent en justice. Mais, depuis 2015, après deux procès, le dossier traîne à la Cour de cassation. Son récit!


«C’est en 1998, ils ont lancé un avis de recherche d’un manœuvre et d’un agent de liaison. C’est là que je me suis présenté et j’ai été retenu. A ce moment Joseph Kahoun qui était le ministre de la Communication et de la Culture m’a fait une note de prise de service prenant effet pour compter du mardi 1erdécembre 1998 à la Semaine nationale de la culture (SNC). C’est ainsi que je suis allé à la SNC. Arrivé-là, j’étais à la fois manœuvre, agent de liaison et en même temps chauffeur, jusqu’en 2000, avec l’arrivée de Dansa Bitchibali comme Secrétaire permanent de la SNC. A son arrivée, entre temps il m’a dit d’enlever les pneus de la Peugeot bâchée que je roulais et de la mettre sur cale. Ce que j’ai fait. Et je continuais mon travail de manœuvre et d’agent de liaison avec ma moto, mais c’est la SNC qui donnait l’essence. Entre temps, il me dit qu’il ne pouvait plus continuer à donner l’essence, car je pouvais utiliser un vélo. Comme je ne comprenais pas bien cela, j’ai continué à faire le travail. Ensuite, il me dit, comme il ne donne plus l’argent du carburant, c’est souhaitable que je laisse le travail d’agent de liaison. A ce moment ils ont pris un jeune comme pigiste. Et moi, je faisais le travail de manœuvre. Je suis resté jusqu’en 2010.

Ses propres agents

Il faut noter qu’en 2000, la SNC avait lancé un recrutement des agents propres à elle. «Nous qui y étions déjà, il fallait qu’on remplisse les dossiers pour être régularisés. J’ai rempli les documents comme les autres, avec la note de prise de service. Quand les dossiers sont revenus, il n’y avait pas mon nom. Je suis rentré voir le patron, il m’a dit de patienter», explique notre interlocuteur. «Deux ans plus tard, je suis encore rentré lui demander. Il m’a dit que ses supérieurs ont dit de me maintenir, qu’ils vont voir mon cas. C’est ainsi que je suis resté jusqu’en 2010», date à laquelle, il a été licencié.

Avant qu’on ne lui signifie son licenciement, Manhidessor Oumar Da est encore allé voir son patron pour lui dire «comme ça traîne alors que j’avance en âge» qu’est-ce qu’il peut faire pour lui. «A partir de là, il m’a dit d’arrêter le travail, et quand les choses seront claires, je vais revenir. Je lui ai adressé une lettre pour dire que je ne peux pas arrêter ainsi le travail, car c’est avec une note de prise de service que j’ai commencé le travail. Pour arrêter le travail, il faut une autre note», s’est-il opposé. Puis, nous explique-t-il: «un autre jour, il m’a répété la même chose, qu’il m’a dit de partir en attendant. Avec un patron, quand il y a des discussions, ce n’est pas bon. J’ai préféré me retenir».

Mais Manhidessor Oumar Da n’est pas arrêté là. «Je suis allé à l’inspection du travail. Là-bas, on ne s’est pas entendu. L’affaire est allée en justice. Il y a eu un premier jugement le 7 mars 2013. L’Etat en tant qu’employeur a été condamné à me verser une somme totale de 3.342.979 FCFA. Il y a eu appel, et la Cour d’appel de Bobo-Dioulasso a statué le 2 décembre 2015, condamnant l’Etat à me payer 1.355.534 FCFA».

Chacune des parties disposait donc de deux mois pour former pourvoi en cassation. Ce que la SNC, donc l’Etat, a fait. Depuis 2015, le dossier serait dans les tiroirs à la Cour de cassation à Ouagadougou. Pendant ce temps, Manhidessor Oumar Da broie du noir. Las d’attendre, il s’est adressé à votre quotidien L’Express du Faso pour exprimer toute sa colère contre cette lenteur judiciaire qu’il ne comprend pas. «Savez-vous depuis 2010, combien de personnes sont décédées? Je pouvais être parmi ces gens-là», s’indigne-t-il.

Aly KONATE

alykonat@yahoo.fr



17
Partager sur Facebook

B Commentaires - Soyez le premier à commenter -

Recherche

Derniers articles

Report des législatives en 2021 : politiquement critiquable, légalement fondé

'C'est une forfaiture' ! Le député Moussa Zerbo de l'UPC qui n'a pas pris part au huis clos sur le rapport de la mission parlementaire portant report d...

09/07/2020

Lotissement à Bama, Monsieur le ministre prenez vos responsabilités !

A Bama, localité située à une trentaine de kilomètres de Bobo-Dioulasso, les marches et les contre-marches se succèdent les unes pour le lotissement, l...

08/07/2020

Front social, les simples menaces d’Abdoulaye Mossé !

Le danger pour un pouvoir en place, c'est de descendre dans la rue avec les opposants politiques ou les organisations syndicales. Pour manifester ou co...

07/07/2020

Portrait

Conseil des ministres

Vidéos





23:44:37