Est-ce donc le pouvoir qui protège ses ouailles ?

23/06/2020
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Ils sont nombreux les Burkinabè qui ne comprennent pas que pour un dossier aussi important qui met en cause le maire de la capitale du Burkina Faso, que celui-ci n’ait pas décidé de se mettre à la disposition de la justice afin de laver son honneur. Même si le maire ne le décide pas, le président du Faso, ou du moins son parti politique, pour des raisons d’éthique et de moralisation de la vie politique devait décider de la révocation du maire afin de le mettre à la disposition de la justice. Malheureusement, de tout cela, rien. Pire, une autre affaire est née dans l’affaire et pour laquelle, le principal acteur dans la première affaire est la victime. Et y a rien! Curieusement, c’est plutôt cette dernière affaire qui fait la une de l’actualité. Donnant l’impression qu’elle est plus importante que la première. Et pourtant! S’il n’y avait pas eu la première, la deuxième n’existerait pas.

Une autre affaire et non des moindres. Au temps fort de l’affaire du Charbon fin, tout le monde s’attendait à ce que le président du Faso, ou du moins son Premier ministre se débarrasse du ministre des Mines et des Carrières afin de le mettre à la disposition de la justice. A défaut, certains avaient misé sur l’honneur de celui qui devait décider, ne serait-ce que pour des raisons d’éthique, de se mettre à la disposition de la justice en démissionnant de son poste. Les Burkinabè ont attendu en vain. Oumarou Idani, puisque c’est de lui qu’il s’agit, est resté à son poste. Pian! Le dossier, qui était entre temps ouvert puis refermé,somnole certainement à quelque part, dans un tiroir. Si Idani est resté au gouvernement, les Burkinabè n’ont pas oublié le dossier «Charbon fin».

En effet, si le pouvoir en place continue, à tort ou à raison, de donner l’impression de protéger ses ouailles, il en paiera les frais. Tôt ou tard. Jean-Claude Bouda qu’on a sacrifié peut avoir été lâché pour des raisons diverses. Certainement, il paie le prix de sa désinvolture.

Peu importe. Les Burkinabè veulent bien se rassurer que ce n’est pas le pouvoir qui protège tous ces gens-là. Parce qu’on se rappelle qu’en son temps, des ministres et des maires de villes ont été débarqués en pleine journée pour moins que ça. Les Burkinabè avaient applaudi parce qu’au moins, ça donnait ainsi l’impression qu’il y a une certaine éthique en matière de gouvernance des affaires publiques. C’était d’ailleurs l’une de leurs exigences quand ils ont opéré l’insurrection. Si tout cela doit relever du passé, il n’est pas évident qu’ils ne l’expriment autrement. C’est pourquoi, le président Roch Marc Christian Kaboré doit prendre ses responsabilités pour ne pas s’encombrer de personnes à la moralité douteuse. Si ça ne gêne pas aujourd’hui, ça peut l’être demain. Surtout quand les affaires s’ajoutent aux affaires, de plus en plus.

Dabaoué Audrianne KANI



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